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Le Eyes Hosptital de bon matin, c’est le truc qui prend toute l’energie de la journée… Les enfants sont dans leurs chambres, Shanti dort, et nous on en profite un peu pour se détendre sous le préau devant la maison. Bagwati sort avec nous discute un moment, puis va chez Nanu, la washing didi qui habite à côté. On reste là un moment à prendre le frais, puison monte s’asseoir sur le balcon au premier, en prenant bien soin cette fois, de ne pas verrouiller la porte pour Bagwati, qu’on a déjà enfermé dehors plusieurs fois… On entend quelques chiens aboyer au loin, mais pour une fois celui des voisins,un hargneux de première est silencieux. La nuit rend le paysage bien calme, et toute cette quiétude me donne envie d’aller me mettre au lit. Je rentre, traverse la salle de classe et je vais dans la chambre J’avance à tâtons, à la recherche de la lampe de poche, mais sans succés. Je me souviens avoir vu Shanti jouer avec. Elle doit être sous un lit… je n’ai pas le courage de chercher dans le noir, je me dirige jusqu’à la tête de mon lit pour récupérer le petit bout de bougie qui y traîne.
Jo est resté sur le balcon ; j’y retourne pour prendre le briquet. J’essaie d’enflammer la mèche mais c’est impossible, elle doit être trop courte ou trop abîmée… J’essaie un bon moment, elle ne prend pas. Je fais mon deuil et vais la jeter dans la poubelle de la salle de classe. Au passage, je m’arrête devant la porte des petits, que j’entrouvre sans faire de bruit… Ils sont trop marrants, Hirazan et Ramraj sont dans un petit lit sur la gauche. Les autres, Nawaraj, Jiban, Gopal et Khéti dorment tous les quatres dans un immense lit carré. Même s’ils se couchent toujours en rang d’oignons, quelques heures plus tard ils sont tous entassés les uns sur les autres, dans une géométrie variable mais toujours impressionnante, perpendiculaires les uns par rapport aux autres, pied contre tête, tête contre genoux,genoux contre ventre…Je ne sais pas comment ils en arrivent là, mais ça n’a pas l’air de les déranger.
Je retourne dans la chambre. J’entre et me dirige sur la droite pour prendre une nouvelle bougie dans l’étagère. Je galère un peu dans le noir et trouve enfin. Je fais demi tour pour sortir, et tiens… je regarde la fenêtre, à la tête de mon lit, … je devrais voir l’extérieur,les rideaux sont ouverts,mais … il me semble distinguer comme une masse sombre qui se détache … comme… comme quelqu’un assis…sur mon lit...Je dois être vraiment fatiguée…mais…non…la forme bouge…se lève… Immédiatement, je pense à un enfant malade,mais pourquoi n’est il pas sorti me voir ?
« qui est là ? »
Une voix d’homme me répond, que je n’identifie pas : « Namaste,namaste »
Qui est ce ? Hari, le manager ? Le livreur de légume ? Le prof des enfants ?Le tailleur ? J’ai passé en revue, en une fraction de seconde tous les hommes du coin qui pourraient venir a la maison, mais aucun d’entre eux n’est susceptible d’être sur mon lit en pleine nuit. L’homme avance vers moi, en joignant les mains et en psalmodiant « Namaste,namaste ».
« Qui es tu ???Qu’est ce que tu fais là ???» Il fait noir, je ne vois pas son visage. Il passe devant moi, et sort de la chambre. Il traverse la salle de classe, et au lieu de prendre à droite, de descendre les escaliers et de s’enfuir par la porte d’entrée, il bifurque à gauche et sort sur le balcon. Le type sort, et tombe nez à nez avec Jo qui s’attendait à me voir, et se lève d’un bon. « Tu es qui toi, Qu’est ce que tu fous ?? »
« Jo,tu le connais ?? »
« Non non du tout, c’est qui ? »
« Je sais pas !! » Et l’inconnu qui continue à dire « Namaste » a tout bout de champ.
La scène dure un temps fou ; on a le temps de le dévisager, des cheveux bruns assez courts,une moustache, un pantalon bien épais avec plusieurs poches,une veste camouflage, qui semble contenir pas mal de trucs, et un bandana noué en triangle autour du cou, façon cow-boy…ou cambrioleur. De toute évidence, on est surpris de le trouver là, mais lui à l’air encore plus surpris que nous. On reste là, tous les trois,à se regarder. La tension monte de plus en plus. A nos questions il répond « Namaste » Je vois Jo qui hésite « Je le cogne, je le cogne pas ».
« Il était dans la chambre » Jo tourne les yeux vers moi, à peine a-t-il lâcher le regard de l’inconnu que celui-ci fait volte face, grimpe les escaliers qui vont sur le toit, et saute depuis là dans le champ de mais des voisins. « Merde !! » On reste là comme deux c… mais pas bien longtemps ; on court vérifier que Shanti va bien, j’allume la lumière,elle est là, dans son lit, elle dort…Ca sent l’alcool dans la chambre. On descend et on verrouille toutes les portes,après avoir vérifier que personne d’autre n’est dans la maison. On fait le tour des chambres, tout le monde dort a poings fermés. Les enfants n’ont rien entendu. On se retrouve dans le hall, je tremble de tous mes membres ; j’explique à Jo que je l’ai trouvé assis sur mon lit, dans le noir.
On ne comprend pas. Etait-ce un voleur, mais dans ce cas pourquoi n’ a-t-il rien volé ?? Il y a deux pc portables dans le bureau au rez de chaussé et la porte était ouverte. Pourquoi est il allé dans notre chambre ? Au premier étage ? Ou est ce que c’est juste un gars bourré qui s’est trompé de maison ? Mais sa tenue était étrange…Et il semble bien agile pour quelqu’un qui a un coup dans le nez de sauter depuis le toit,jusque dans le champ des voisins. D’ailleurs cette aisance nous laisse supposer qu’il avait repérer les lieux ; il savait ou il allait ; ou alors il est trés chanceux…
Je vais dans le bureau, prend le téléphone et j’appelle Bagwati pour lui demander de rentrer immédiatement. On se regarde avec Jo, on ne sait pas vraiment quoi faire ? Appeler la police ? Pourquoi faire, le temps qu’ils arrivent, le rôdeur sera loin, et de toutes façons,la porte n’était pas verrouillée et il n’a rien emporté… Bagwati arrive, un peu paniquée, se demandant ce qu’il se passe ;on lui explique rapidement. Elle nous dit qu’elle a entendu une femme crier depuis chez Nanu, et elle a pensé que ça venait d’ici. Elle était sur le départ pour venir vérifier quand on l’a appelé. Elle a pensé que j’étais « peut être tombée du toit »… On la rassure, tout le monde va bien. Bagwati n’est pas tranquille avec cette histoire ; elle nous raconte qu’il y a quelques années, quelqu’un était déjà venu dans la maison et avait volé…des chaussures… Elle appelle les propriétaires au téléphone pour les prévenir, mais ils ne répondent pas. Elle essaie la Milk Woman, la voisine qui nous livre le lait, pas de réponse non plus…
On reste dehors sous le préau…les champs aux alentours sont redevenus calmes, on n’entend pas un bruit. On continue a faire les Sherlock Holmes un moment,mais nos questions n’ont pas l’ombre d’un bout de réponse…Il est tard,toutes ces émotions m’ont secoué. Je monte me coucher mais tout ça tourne dans ma tête. J’ai du mal à trouver le sommeil…
On ne saura jamais qui il était et ce qu’il faisait là… On a eu notre coup de flip du séjour. Je me souviens, qu’en France, quand je me suis fait cambrioler, l’agent des assurances m’a dit « oh ! c’est le genre de chose qui arrive rarement plus d’une fois par vie. Maintenant vous pouvez considérez que vous êtes immunisée ! » J’éspère que cet adage s’applique aussi aux inconnus qu’on retrouve en pleine nuit sur son lit…
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