Lyon Delhi Kathmandu en famille
Jonathan, Jézabel, et Shanti partent en voyage...Premier periple en famille.

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Le jour ou Shanti avait un truc a dire...

Salut tout le monde !! Ben oui, moi aussi j’ai des nouvelles à donner !  Le temps passe vite, je grandis et au retour vous n’allez pas me reconnaître !! C’est que ça ne rigole plus maintenant… Il y a un peu plus d’un mois, j’ai pris mon courage a deux mains, et je me suis lachée…en avant… marche !! Je me suis bien pris quelques gadins, mais depuis le temps que j’expérimentais la marche assistée (en me tenant aux murs, aux chaises, au gens…) je ne m’en suis pas mal sortie du tout ! Maintenant je passe à l’étape n°2 : la course. Pas évident ; j’arrive bien à m’élancer, mais une fois partie, plus rien ne peux m’arrêter… je travaille dessus plusieurs heures par jour pour trouver la meilleur technique d’arrêt… Pour l’instant, la méthode « badaboum » semble la plus appropriée… Mais ca m’egratigne tout mes genoux !!

     

Il pleut beaucoup, et dehors c’est tout mouillé. J’ai découvert la joie de patauger dans les flaques d’eau, et d’y glisser aussi quelques fois. Quand je tape avec mes mains dedans, ça éclabousse, c’est rigolo. Maman et Papa sont contents de laver mes petits pantalons plein de boue a la main...mais il faut bien que je fasse mes experiences apres tout! 

 Maintenant il fait beau et je peux me baigner sur le toit. Ca aussi c est super !

Je mange bien, le livreur amène tous les jours des légumes frais, haricots, pomme de terre, tomates, courgettes, j’en passe et des meilleurs…Je prends les petits bouts de légumes dans ma main, je les mets dans ma bouche et je les mâches ! Parce que maintenant j’ai 6 dents (enfin 4 dents et deux demies-dents). J'y arrive meme avec la fourchette!

Depuis que j’ai découvert le riz, je crois que je ne pourrais plus manger que ça… c’est trop bon le riz ! Papa et Maman disent que c’est « génétique »… Mes cheveux ont bien poussés, et ils sont tout blonds et frises ! Maman dit que c’est à cause de Papa, parce qu’il était blond quand il était petit. Papa dit que c’est à cause de Maman, parce qu’elle est un peu « blonde » à l’intérieur (mais c’est pas vrai). Et dans mes cheveux, vous savez ce que Nanu a trouvé ce matin ? Une petite bête bizarre, que Maman appelle « pou » !! Tout le monde s’est mis à me gratter la tête, dans tous les sens, c’était drôle, mais je crois que Mr le pou était tout seul. Maman en a eu l’air soulagé d’ailleurs… Avec mes 19 dhai et mes 2 didi, on rigole bien ! Ils prennent bien soin de moi, ils m’apportent des peluches, et des jouets et aussi des feutres !!! AAAAH ! LES FEUTRES !! je me sens une affinité toute particulière avec le dessin… J’ai passé un moment a les déboucher et à les reboucher, mais maintenant j’ai compris à quoi ça sert ! On me donne des carrés blancs, et quand je passe le crayon dessus ça laisse une marque colorée… J’ai découvert que ça marchait aussi sur les vêtements et sur la peau. Je sais même me faire une tikka! Avec le gros marqueur rouge (sur lequel il y a marqué « indélébile », mais je ne sais pas ce que ça veut dire,je suis trop petite) je me fais un point sur le front, juste entre les deux yeux. Toute seule !! C’est Farid qui m’a montré. Il m’a aussi dessiné une montre et une bague, mais ils sont partis dans la douche !

Les adultes ici m’apprennent à faire plein de bêtises ! Surtout Bagwati ; ça les fait tous rire, sauf Maman et Papa des fois… J’apprends des mots aussi, pour dire « bye bye » on dit « taa taa », super fastoche le népalais !! Je sais joindre les mains pour dire « Namaste » et depuis quelques jours, je fais même des bisous !! Des vrais qui font du bruit !! Du coup, j’en fais plein à tout le monde, parce que ça a l’air de rendre les gens drôlement heureux ! J’ai découvert plein de grimaces aussi, et on se tape de gros fou rire avec les gens ici.  Je m’amuse a copier ce que font les grands : manger avec la fourchette, boire au verre (mais je m’étouffe des fois), balayer et surtout, brosser le linge avec Maman et Papa quand il font la lessive (ça j’adore !! la brosse fait « scroutch scroutch » contre le tissu et ca fait de la mousse ! ). Au début, la nuit c’était pas rigolo, parce que les couches fuyaient et je me réveillais toujours mouillée. Maintenant, par-dessus la couche on met deux langes en tissus, et deux surcouches en plastique, et ça va, mais on a été long a trouver la parade! J’arrive à ouvrir ma tente toute seule, et des fois, le matin, je sors sans faire de bruit, et j’en profite pour faire plein de bêtises. Mais je ne peux pas sortir de la chambre. Je crois que Papa et Maman tienne la porte fermée parce qu’ils ont deviné mon prochain projet : les escaliers ! Je les monte toute seule déjà, c’est fatiguant ! Mais je ne sais pas encore comment les descendre… Je voudrais bien essayer de bon matin, quand j’ai le pêche et que j’ai reflechis toute la nuit pour trouver la bonne technique, mais Papa et Maman préferent être derrière moi. Pfff ! Comme si j’allais tomber …  Je me suis fais plein de copines. La voisine surtout, quand je suis sur le toit, je la voie devant sa maison, et on papote de longs moments. Par contre, je découvre aussi plein de trucs qui font peur !! Des grosses bêtes à poils, que l’on appelle « chien » et des plus petites que l’on appelle « chat » ; j’en avais vu avant, et ils me faisaient déjà peur ; ils bougent tout seul, sans que je les touche ni que je les manipule ! Du coup, je ne peux pas savoir ce qu’ils vont faire,ou ils vont aller, je n’aime pas ça !Quand je suis dans les bras, je m’en fiche, je peux les narguer, je suis hors d’atteinte !! Mais il y en a encore de plus sournois !!! La dernière fois, il y avait un truc noir sur le rebord de la fenêtre, j’ai voulu l’attrapper  et il s’est envolé ! J’ai beaucoup crié et pleurer parce que j’ai eu très peur. Papa a dit que c’était un « Pa-pi-llon » et que je ne craignais rien. Je m’en fiche, j’ai peur quand même. Même quand je suis dans les bras ils peuvent venir m’embêter !! C’est pas du jeu !! Je me suis aussi mise à la flûte, pour le plus grand bonheur de tous. Je sais souffler fort dedans, et ça fait un son très très aigu, assez curieux. Mais je ne sais pas pourquoi, généralement, dès que je commence à en jouer, si je la pose quelque part, elle disparait…  

Enfin, je me sens bien ici, dans ma nouvelle maison. J’ai pris mes petites habitudes, tout le monde prend soin de moi. Nanu a dit a Maman et Papa qu’ils pouvaient repartir en France sans moi, elle voulait bien me garder avec elle… Pour Teej, le festival des femmes, elle m a offert de jolis bracelets de verre...Je me suis trouve tres jolie! Et en plus ca fait du bruit quandje secoue les mains!

Mais il y a trop de monde qui m’attend en France !! Mes mamies, mes papys, mes tontons, mes taties… Je ne peux pas leur faire un truc pareil ! Donc dans quelques semaines, (déjà !!!) je rentre , et j’éspère que vous m’attendez avec impatience !



Publié à 12:52, le 21/09/2007
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Le jour ou Dhire est arrivé

Il n’est pas chose facile de retrouver la trace des membres de la famille des enfants qui ont été trafiqués. Pourtant quand ça arrive c’est toujours un moment chargé d’émotion. Depuis trois ans qu’ils sont à LPCH, plusieurs enfants ont ainsi repris contact avec un oncle, une mère, ou un frère… Ils viennent leur rendre visite de temps en temps, quand ils redescendent dans la vallée. Pour certains ça signifie tous les deux ou trois ans, voir plus... Parfois, les enfants partent quelques jours en vacances chez un membre de leur famille, pendant les festivals,s’il n’habite pas trop loin. Certains babus ont un ou plusieurs frères et  sœurs, trafiqués aussi, qui vivent dans d’autres institutions. Les liens entre les gens sont  différents ici. Culturellement, on n’appelle pas les gens « Madame »,ou « Monsieur »,mais « Dhai » (grand frère)  ou « Bhai » (petit frère) si on s’adresse à un homme,et « Didi » (grande sœur) ou « Bahini » (petite soeur) si l’on s’adresse à une femme. Pas besoin de se connaître pour se parler, le voisin devient vite un frère, et le marchand de bonbons un oncle. Mais le besoin « d’être ensemble », de « vivre ensemble » n’est pas primordial. Il est fréquent qu’un père, un frère ou plus rarement une mère, partent travailler à l’étranger pendant quatre,cinq ans, … que des parents ne voient leurs enfants qu’une fois dans l’année, et même pas tous les ans,si celui-ci est pris en charge par un autre membre de la famille,ou une institution. La plupart du temps, ils n’ont pas d’autres choix, mais pour le plus grand nombre, ça ne semble pas être un problème.

Toutefois, à Godawari, il nous parait important de maintenir le lien entre les membres d’une même famille, pour ces enfants qui n’ont plus grand monde autour d’eux. Aussi, nous sommes en contact avec plusieurs ONG qui s’occupent d’enfants originaires d’Humla, et qui ont un lien avec les enfants de LPCH. Nous organisons ensemble de temps en temps des  pique-niques, des compétitions sportives, etc…afin que les enfants puissent se voir. Il y a parmi ces organisations, de très grosses fondations occidentales, aux budgets cossus, et les petites maisons locales, qui n’ont pas les mêmes moyens. C’est dans une de celle là que vit Dhire,  le petit frère de Nawaraj. Nous savons que  cette ONG est en difficulté, depuis le départ de l’occidentale qui l’a ouverte. Ils ont des problèmes financiers et commencent à avoir du mal à assumer tous leurs enfants. Hier, Hari, le manager d’ici , est allé rencontrer son homologue  dans le centre ou se trouve Dhire pour parler d’un éventuel transfert.

Incroyable au Népal, ou tout prend un temps fou, en trois jours c’est réglé. Le centre est d’accord, nous avons la place et les moyens financiers et matériels de le prendre en charge, Dhire va devenir membre de la tribu des monkeys de LPCH ! Nous annonçons  la nouvelle aux enfants : Demain, un nouveau brother va venir vivre avec nous. Ils commence à avoir l’habitude, depuis le début, Binod le grand frère de Ratna, et plus récemment, Prakash le petit frère de Mangali et Khagendra celui de Dharma nous ont rejoints. Ils sont prêts à lui montrer le fonctionnement de la maison, lui expliquer ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Nawaraj pose mille questions : est ce qu’il pourra dormir avec lui ? comment on va faire pour l’école ? et s’il n’a pas de vêtement ? est ce qu’on a une brosse a dents d’avance ? et des chaussures ?

Aujourd’hui c’est dimanche, et en plus c’est bandha (grève générale). Les enfants n’ont pas école. Il est convenu d’aller chercher Dhire en début d’après midi, on les a appelé, tout est prêt. Nawaraj accompagne Hari jusqu’au centre ou vit son frère pendant que nous attendons à la maison. J’appréhende un peu. Je ne connais pas du tout ce fameux centre, et je ne sais pas s’ils sont très fiables. Ils peuvent refuser de nous remettre Dhire,  ou demander de l’argent, … Dans ce cas là, il faudrait faire intervenir le gouvernement,et ça prendrait trois plombes. Mais Hari et Nawaraj reviennent bientôt,accompagné de Dhire, juste chargé d’un petit sac plastique. Le responsable du centre n’a pas fait d’histoire, tout s’est très bien passé ; ils sont plutôt contents de pouvoir soulager leur budget d’un enfant, et sont rassurés que ce dernier aille vivre dans un endroit sympa,ou il ne manquera de rien. On a une copie de son dossier, même s’il est trés succinct et ne contient aucun document officiel. Nawaraj prend son frère par la main et lui fait visiter la maison.

 

Dhire est déjà venu une fois, pour manger avec nous. Il a  bien repérer les lieux. Il monte à l’étage et va directement dans la chambre des petits. Il demande ou il va dormir, puis s’assoit sur le lit et commence a papoter avec les enfants. Hari l’appelle dans le bureau, il redescend, son sac plastique toujours avec lui. On ferme la porte et ouvre le fameux paquetage : deux pantalons, un short, deux slips,un pull et un K-Way. Un cartable, un crayon a papier et deux livres de coloriage. « Tu as une brosse a dent ? » « oui ! » « ou ça ? » « au centre !! »  « et un pyjama ? » « oui oui, il est au centre ! » Je regarde Hari ; Dhire a-t-il bien compris qu’il venait vivre ici  pour toujours?? Hari lui ré explique qu’il ne retournera pas au centre. Dhire a l’air un peu surpris, mais il dodeline la tête de gauche à droite et dit « ok ! » Je lui remet son « package » : brosse a dent, pyjama, cahier, gomme, taille crayon, mouchoir et boite à goûter.  Le babu me fait un large sourire, prend sa petite pile et court ranger ça dans sa chambre.  Demain, il ira à l’école avec les enfants. Au Népal, comme en France, il y a deux sortes d’école : les « gouvernementales », publiques et gratuites. Dhire étudiait dans une école comme celle-ci,en classe nursery, l’équivalent de la petite maternelle.. L’enseignement y est assez sommaire, les cours sont dispensés en népali et les professeurs sont sous payés, pas très motivés, et souvent absents.  Et les écoles privées, payantes, ou les cours sont en anglais, et les professeurs vraiment diplômés. Les enfants vont à « Dolphin English School » dans le village d’à côté. C’est une petite école privée, sans prétention, mais dont l’enseignement est correct. Chaque école privée a une couleur d’uniforme, un écusson, une cravate et une ceinture qui lui est propre. Hari emmène Dhire chez le tailleur pour prendre ses mesures. Ses uniformes (les enfants en ont trois différents) seront prêts dans une semaine environ. En attendant, Dhire ira à l’école avec son pantalon marine et sa chemise bleu ciel, l’uniforme des écoles gouvernementales.

Le soir venu, Dhire prend place dans le grand lit avec Nawarj, Khéti, Jiban et Gopal. Ca se marre un bon moment dans la chambre des petits, bien après l’extinction des feux ; mais pour ce soir on ne dit rien.

Le lendemain, il est le premier prêt à partir pour l’école. Sac au dos, il attend devant le portail que les autres monkeys aient fini de se préparer. C’est que maintenant les grands sont devenus coquets, alors ça se coiffe, ça s’ajuste, ça se graisse les cheveux et la peau pendant un bon quart d’heure !! Aujourd’hui,Dhire va étudier en classe « nursery », comme avant ; les professeurs vont voir son niveau et le fixeront dans une classe plus tard. Comme chacune suit son propre programme, le niveau d’une école à l’autre peut varier énormément. Ainsi,  quand les enfants sont passés de leur première école, gouvernementale, à CPS, l’école privée dans laquelle ils allaient l’an dernier, la plupart d’entre eux sont redescendus d’une, deux voire trois classes.

Pour Dhire c’est l’inverse. Sa journée ne s’est pas très bien passé : ses petits camarades se sont moqués de lui et l’ont fait pleurer. Mais ça ne l’a pas empêché de faire ses preuves, et demain, il ira en classe « LKG »,  le niveau au dessus (moyenne section), avec Hirazan et Ramraj. Il a l’air de  bien se plaire ici. Ses nouveaux frères et sœurs l’ont tout de suite adopté et il s’est super bien intégré. Quand je le regarde jouer avec les autres, évoluer dans la maison, c’est comme s’il avait toujours été là. Sacrée faculté d’adaptation... Pourtant je m’interroge sur les traces que laisseront tous ces déplacements, ces bouleversements, ces changements, … Enfin, cette fois, normalement, Dhire s’installe pour un moment…



Publié à 12:51, le 29/08/2007
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La folle journée (le soir)

Le Eyes Hosptital de bon matin, c’est le truc qui prend toute l’energie de la journée… Les enfants sont dans leurs chambres, Shanti dort, et nous on en profite un peu pour se détendre sous le préau devant la maison. Bagwati sort avec nous discute un moment, puis va chez Nanu, la washing didi qui habite à côté. On  reste là un moment à prendre le frais, puison monte s’asseoir sur le balcon au premier, en prenant bien soin cette fois, de ne pas verrouiller la porte pour Bagwati, qu’on a déjà enfermé dehors plusieurs fois… On entend quelques chiens aboyer au loin, mais pour une fois celui des voisins,un hargneux de première est silencieux. La nuit rend le paysage bien calme, et toute cette quiétude me donne envie d’aller me mettre au lit. Je rentre, traverse la salle de classe et je vais dans la chambre J’avance à tâtons, à la recherche de la lampe de poche, mais sans succés. Je me souviens avoir vu Shanti jouer avec. Elle doit être sous un lit… je n’ai pas le courage de chercher dans le noir, je me dirige   jusqu’à la tête de mon lit pour récupérer le petit bout de bougie qui y traîne.

Jo est resté sur le balcon ; j’y retourne pour prendre le briquet. J’essaie d’enflammer la mèche mais c’est impossible, elle  doit être trop courte ou trop abîmée… J’essaie un bon moment, elle ne prend pas. Je fais mon deuil et vais la jeter dans la poubelle de la salle de classe. Au passage, je m’arrête devant la porte des petits, que j’entrouvre sans faire de bruit… Ils sont trop marrants, Hirazan et Ramraj sont dans un petit lit sur la gauche. Les autres, Nawaraj, Jiban, Gopal et Khéti  dorment tous les quatres dans un immense lit carré. Même s’ils se couchent toujours en rang d’oignons, quelques heures plus tard ils sont tous entassés les uns  sur les autres, dans une géométrie variable mais toujours impressionnante, perpendiculaires les uns par rapport aux autres, pied contre tête, tête contre genoux,genoux contre ventre…Je ne sais pas comment ils en  arrivent là, mais ça n’a pas l’air de les déranger.

Je retourne dans la chambre. J’entre et me dirige sur la droite pour prendre une nouvelle bougie dans l’étagère. Je galère un peu dans le noir et trouve enfin. Je fais demi tour pour sortir, et tiens… je regarde la fenêtre, à la tête de mon lit, … je devrais voir l’extérieur,les rideaux sont ouverts,mais …  il me semble distinguer comme une masse sombre qui se détache … comme… comme quelqu’un assis…sur mon lit...Je dois être vraiment fatiguée…mais…non…la forme bouge…se lève… Immédiatement, je pense à un enfant malade,mais pourquoi n’est il pas sorti me voir ?                                                               

« qui est là ? »

 Une voix d’homme me répond, que je n’identifie pas : « Namaste,namaste »

Qui est ce ? Hari, le manager ? Le livreur de légume ? Le prof des enfants ?Le tailleur ? J’ai passé en revue, en une fraction de seconde tous les hommes du coin qui pourraient venir a la maison, mais aucun d’entre eux n’est susceptible d’être sur mon lit en pleine nuit. L’homme avance vers moi, en joignant les  mains et en psalmodiant  « Namaste,namaste ».

« Qui es tu ???Qu’est ce que tu fais là ???»  Il fait noir, je ne vois pas son visage. Il passe devant moi, et sort de la chambre. Il traverse la salle de classe, et au lieu de prendre à droite, de descendre les escaliers et de s’enfuir par la porte d’entrée, il bifurque à gauche et sort sur le balcon. Le type sort, et tombe nez à nez avec Jo qui s’attendait à me voir, et se lève d’un bon. « Tu es qui toi, Qu’est ce que tu fous ?? »

« Jo,tu le connais ?? »

« Non non du tout, c’est qui ? »

« Je sais pas !! » Et l’inconnu qui continue à dire « Namaste » a tout bout de champ.

La scène dure un temps fou ; on a le temps de le dévisager, des cheveux bruns assez courts,une moustache, un pantalon bien épais avec plusieurs poches,une veste camouflage, qui semble contenir pas mal de trucs, et un bandana noué en triangle autour du cou, façon cow-boy…ou cambrioleur. De toute évidence, on est surpris de le trouver là, mais lui à l’air encore plus surpris que nous. On reste là, tous les trois,à se regarder. La tension monte de plus en plus. A nos questions il répond « Namaste » Je vois Jo qui hésite « Je le cogne, je le cogne pas ». 

« Il était dans la chambre » Jo tourne les yeux vers moi, à peine a-t-il lâcher le regard de l’inconnu que celui-ci fait volte face, grimpe les escaliers qui vont sur le toit, et saute depuis là dans le champ de mais des voisins. « Merde !! » On reste là comme deux c… mais pas bien longtemps ; on court vérifier que Shanti va bien, j’allume la lumière,elle est là, dans son lit, elle dort…Ca sent l’alcool dans la chambre. On descend et on verrouille toutes les portes,après avoir vérifier que personne d’autre n’est dans la maison. On fait le tour des chambres, tout le monde dort a poings fermés. Les enfants n’ont rien entendu. On se retrouve dans le hall, je tremble de tous mes membres ; j’explique à Jo que je l’ai trouvé assis sur mon lit, dans le noir.

On ne comprend pas. Etait-ce un voleur, mais dans ce cas pourquoi n’ a-t-il rien volé ?? Il y a deux pc portables dans le bureau au rez de chaussé et la porte était ouverte. Pourquoi est il allé dans notre chambre ? Au premier étage ? Ou est ce que c’est juste un gars bourré qui s’est trompé de maison ? Mais sa tenue était étrange…Et il semble bien agile pour quelqu’un qui a un coup dans le nez de sauter depuis le toit,jusque dans le champ des voisins. D’ailleurs  cette aisance nous laisse supposer qu’il avait repérer les lieux ; il savait ou il allait ; ou alors il est trés chanceux…

Je vais dans le bureau, prend le téléphone et j’appelle Bagwati pour lui demander de rentrer immédiatement. On se regarde avec Jo, on ne sait pas vraiment quoi faire ? Appeler la police ? Pourquoi faire, le temps qu’ils arrivent, le rôdeur sera loin, et de toutes façons,la porte n’était pas verrouillée et il n’a rien emporté… Bagwati arrive, un peu paniquée, se demandant ce qu’il se passe ;on lui explique rapidement. Elle nous dit qu’elle a entendu une femme crier depuis chez Nanu, et elle a pensé que ça venait d’ici. Elle était sur le départ pour venir vérifier quand on l’a appelé. Elle a pensé que j’étais « peut être tombée du toit »… On la rassure, tout le monde va bien. Bagwati n’est pas tranquille avec cette histoire ; elle nous raconte qu’il y a quelques années, quelqu’un était déjà venu dans la maison et avait volé…des chaussures… Elle appelle les propriétaires au téléphone pour les prévenir, mais ils ne répondent pas. Elle essaie la Milk Woman, la voisine qui nous livre le lait, pas de réponse non plus…

On reste dehors sous le préau…les champs aux alentours sont redevenus calmes, on n’entend pas un bruit. On continue a faire les Sherlock Holmes un moment,mais nos questions n’ont pas l’ombre d’un bout de réponse…Il est tard,toutes ces émotions m’ont secoué. Je monte me coucher mais tout ça tourne dans ma tête. J’ai du mal à trouver le sommeil…                   

On ne saura jamais qui il était et ce qu’il faisait là… On a eu notre coup de flip du séjour. Je me souviens, qu’en France, quand je me suis fait cambrioler, l’agent des assurances m’a dit « oh ! c’est le genre de chose qui arrive rarement plus d’une fois par vie. Maintenant vous pouvez considérez que vous êtes immunisée ! » J’éspère que cet adage s’applique aussi aux inconnus qu’on retrouve en pleine nuit sur son lit…



Publié à 08:14, le 26/08/2007
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La folle journée (le matin)

 Ce matin, debout 6H30 : Jiban, Ratna, Navraj et Gopal ont besoin d’aller voir un ophtalmo. On a joué ça au Yam’s avec Jo pour savoir qui de nous deux allait se lever, j’ai perdu. (mais je m’en fiche, j’ai gagné la semaine dernière pour la consultation au Patan Hospital !!)  Les médecins travaillent en général dans les hôpitaux, et en même temps dans une ou plusieurs cliniques privées. Ils ont rarement leur cabinet.

Donc nous voila au Eye’s Hospital avec les 4 babus ; pour les nouveaux patients, et c’est le cas de Gopal il y a une file d’attente spéciale , généralement la plus longue ; on se glisse dans la queue, au milieu des futurs nouveaux myopes, des allergisants, des yeux coulants,collés, crevés, et bien d’autres encore…Il y a une bonne quarantaine de personnes devant nous mais ça va assez vite. Trente minutes plus tard, nous sommes devant une salle, dans laquelle un jeune homme nous invite à entrer. Ce n’est certainement pas un médecin, il n’a même pas l’air assez vieux pour sortir du lycée. De toutes façon pas besoin d’être diplômé pour bosser en salle de « tri » : Gopal s’assoit, le garçon lui demande s’il peut lire les lettres sur le mur : certaines oui, les autres non. A-t-il mal aux yeux ? oui. A la tête ? Aussi, parfois. L’examen est fini, on nous oriente vers la salle 18 « ophtalmologie pédiatrique ». On prend place dans une nouvelle file, bien plus courte, on enlève nos chaussures et on entre dans la salle 18. Cette fois, c’est un médecin qui nous reçoit, et une femme de surcroît. Elle parle à Gopal avec une voix pleine de douceur, et ça le détend un peu car il est très intimidé. Elle l’osculte briévement , détaille rétine et cornée, puis nous tend un papier. Salle 10.

 Le cauchemar. Jo m’a prévenu « si on te dit d’aller au salle 10, c’est foutu »… Ca  veut dire que Gopal a besoin d’un fond de l’œil. On avance donc vers la salle 10 en trainant les pieds, et Gopal. On traverse l’immense hall ; tout autour de nous, des salles, numérotées en népali, ce qui rend le déchiffrage compliqué. On y retrouve Jiban,Ratna et Nawraj, qui consultaient  dans d’autres salles et ont déjà fini. On s’assoit tous sur le banc devant l’une des portes. Une grosse infirmière en sari s’approche de nous, une petite fiole à la main, l’air blasé. C’est la « drop nurse ». Elle saisit le menton de Gopal et lui incline brutalement la tête en arrière. D’une main, elle écarte ses paupières, et de l’autre, elle met une goutte de « medicine » dans son œil. Elle recommence de l’autre côté. « Ferme tes yeux et ne les ouvre plus jusqu’à mon retour». Gopal obéit. Je fais demander par l’un des enfants dans combien de temps Miss Drop compte revenir. Elle consulte sa montre, en se penchant en arrière, le poing sur la hanche et annonce la sentence en népali, ce qui ne fait qu’augmenter le suspens. Maintenant les enfants se concertent quand à la traduction qu’ils vont me donner en anglais. Jiban me lance « dans une heure  elle va revenir ». Je prie pour qu’il ait mal compris. Je demande aux autres enfants « Dans une heure ? » « oui oui, une heure »…Gopal s’est allongé sur le banc, je crois qu’il voudrait bien s’endormir pour ne plus avoir les yeux fermés pour rien. Les enfants se relaient pour que l’un d’entre eux reste toujours près de lui, pendant que les deux autres vont regarder la télévision a l’autre bout du hall. On y passe un soap opera hindi. Je suis assez fan de ce genre de programme et je m’installerais bien avec eux ;mais je pars en mission, car les enfants qui n’ont pas mangé avant de partir commence a crier famine. Et visiblement on est là pour un moment… Je me lève pour partir quand Nawraj, Ratna et Jiban me tendent un papier. « Ké ho ? » « On a besoin de lunettes », « Tous ?? » « oui,oui,tous ». Je vais donc dans la boutique de l’hôpital, et commande les binocles.

Il pleut des cordes. J’ouvre mon parapluie et commence a chercher un boui boui,ou un magasin… Je trouve des donuts et une bouteille d’eau. En ouvrant le porte monnaie, je réalise que je n’ai plus assez d’argent pour rentrer. Je n’avais pas prévu l’achat de trois paires de lunettes… Je demande au marchand s’il a un téléphone et s’il veut bien que je passe un « local call »  ? Il accepte, et dans un effort de mémoire que je n’aurais pas soupçonné, je retrouve le numéro de téléphone de la maison. Jo décroche,je lui explique,et on convient de se retrouver dans deux heures et demie dans un  resto de Lagankhel. J’ai à peine de quoi aller jusque là. Je retrourne à l’hôpital, Gopal a toujours les yeux fermés, les enfants sont toujours devant la télé,sauf Jiban qui raconte des histoires a son camarade aveugle pour le distraire. Un moment plus tard, je vois Miss Drop revenir, armée cette fois d’une petite lampe de poche. Elle redresse Gopal avec la même douceur qu’elle lui a mis la tête en arrière ; elle eclaire ses yeux, regarde et dit « Chhaaina » Chhaaina,ca veut dire plein de choses ; mais a ce moment là ca veut dire « il l’y a rien,rien ne s’est passé .» On attend depuis une heure, pour rien. La nurse semble sous entendre que Gopal a désobéit. Terrorisé, il jure que non !! Elle lui remet une goutte dans chaque œil, et l’abandonne a son triste sort. Jiban, découragé, déserte et part se caler devant la télé. Gopal est écoeuré, et  se recouche. Autour de nous, les gens s’assoient, Miss drop fait son boulot, et en quelques minutes je suis la seule a avoir encore les yeux ouverts... On attend encore, un bon moment. L’infirmière revient, avec sa fidèle lampe, et scrute de nouveau les yeux du babu. « Chhaaina ». Elle remet deux gouttes, et nous dit « dix minutes ». Ok,ok… Elle revient dans les temps, re-lampe,re-scrute, re « Chhaaina » et re « dix minutes ». Gopal est assis,les yeux désespéremment fermés;moi je commence à en avoir marre d’être là… Ratna vient me relayer de temps en temps. Et je vais me dérider devant le sur-jeu des acteurs indiens.Quand je reviens vers le banc, je vois Miss drop s’en aller. Ca y est ca doit etre fini. Ratna avance vers moi et me dit « c’est fini », Gopal a les yeux bien ouverts, chouette ! Je suis debout devant la porte en train de rassembler les affaires quand la nurse revient ; instantanément,Gopal referme les yeux et se rassoit. « Chhaaina, chhaaina !!! Dix minutes » dit elle a Ratna en le regardant durement. En voyant la tête de Ratna je comprends qu’il a lui-même décider d’écourter notre attente. Il est saoulé, lève les yeux au ciel et retourne s’asseoir près de Gopal. On attends,encore,encore…et pendant dix minutes je me dis, c’est foutu,Gopal a ouvert les yeux pensant que c’était fini, ca n’aura pas marché,chhaaina,chhaaina qu’elle va me dire,et c’est reparti pour une heure…mais le verdict de la nurse est tout autre ; « Chhaa », c’est bon…je crois qu’elle en a encore plus marre de voir nos têtes que nous d’attendre. Elle me tend un papier et me dit « salle 21 ». Je réponds que le docteur nous a dit d’aller en salle 18 après le fond de l’œil, elle insiste,  « 21 !21 ! »… On va devant la salle 21,et on attends toujours.

J’ai un doute,je ne la sens pas cette nurse ; je retourne voir le docteur et lui demande confirmation « non non, salle 18,pas 21,et après vous revenez ici » Sacrée Miss Drop ! A peine arrivé dans la file de la salle 18,le courant saute. La panne dure une petite demie heure, pendant laquelle tout l’hôpital est paralysé ;plus rien ne fonctionne. Je m’enchante de ne pas être dans un service de réanimation. Quand le courant revient enfin, il faut encore une vingtaine de minutes avant que ce soit notre tour. On entre dans une nouvelle salle après s’être déchaussé, on teste encore sa vue,on essaye des verres, « c’est mieux, c’est moins bien ?» Puis on nous tend encore un papier. Nous retournons en salle d’ophtalmologie pédiatrique, sans prendre la peine de remettre nos chaussures. Le docteur lit les petits papiers, les annotations dans le dossier,ausculte de nouveau Gopal et me dit  « Ok, revenez dans deux jours… »

 Nous repartons,sans lunettes,et sans diagnostique… On remettra après demain. On marche jusqu’au pont qui traverse la Bagmati dégueulasse (rivière très prisée pour les crémations car elle se jette dans Gange) et nous prenons le microbus direction Lagankhel. On y retrouve Jo, qui nous rejoins au restaurant dans un timing parfait. Les enfants,à qui les donuts ont ouvert l’appétit sont affamés . On commande pour eux car ils sont perdus au milieu de tous les plats qu’énumère le menu.  « Chicken Chowmein » pour tout le monde. Les babus ne savent plus ou donner de la tête, et font des allers retours incessants au toilettes.

Nous sommes prêts a partir quand Jiban me prend le bras. « Le monsieur la bas, dans la cour du restaurant, il m’a dit qu’ils ont avec eux un petit garçon comme nous,qui n’a pas de parents, et il voudrait savoir si on peut l’emmener avec nous ? » Ce genre de situation me met toujours très mal à l’aise. Je lève les yeux, et croise le regard de l’homme dans le hall. Un babu de sept ou huit ans a ses côtés, crasseux et mal fagotté.Ce petit garçon est peut être son fils ou son neveu. Je doute qu’il  lui soit inconnu puisqu’il consent a s’occuper de lui, même temporairement. Il est arrivé quelques fois que des parents envoient leurs enfants a la maison avec une lettre nous demandant de les prendre avec nous. Ils n’hésitent pas à s’en séparer si ça peut garantir à leurs enfants une bonne scolarité, de la nourriture et un endroit ou dormir. En même temps bien sur,ça allège le budget de la famille… J’explique à Jiban qu’on ne peut pas le prendre avec nous, que ça ne se passe pas de cette façon. Je vois qu’il ne comprend pas pourquoi, mais il ne pose pas de question. Dans l’absolu, on pourrait, on a le budget pour cela, je pourrais le faire monter avec nous dans le microbus, et l’emmener à la maison. Demain, il irait à  l’école avec les autres… Il y a ici tant d’enfants à prendre dans ses bras. Des qui vivent, mangent et dorment dans la rue. Mendiant,volant, travaillant… Je ne m’y habitue pas, et j’en suis bien aise. Mais je me défais difficilement  de la frustration  de ne pouvoir prendre soin de chacun d’entre eux.  

Je fais sortir les enfants du restaurant, nous allons prendre le microbus et rentrons la maison. On est tout serré au départ,mais la plupart des gens ne vont pas bien loin. A Tawkhel, a mi chemin, nous ne sommes plus qu’une dizaine de personnes. Les enfants ont la banquette arrière rien que pour eux, et ils s’en donnent à cœur joie. Ils passent la tête par la fenêtre, et se laissent griser par la vitesse de pointe fulgurante (50km/h) du microbus. Nous passons devant le  «  Talbot Center », une maison d’enfants ouverte par une occidentale il y a quelques années ; d’après ce que j’ai compris, cette organisation à de gros problèmes financiers et commence à avoir du mal à assumer les enfants. Nawaraj saute de son siège et crie « Talbot Center !! Talbot Center !!Mon petit frère Dhire habite ici !! » On le sait Nawaraj… « Peut être un jour il viendra vivre avec nous ? »……Sacré Nawaraj, quelle perspicacité. Il ne le sait pas encore,mais c’est déjà en projet… !!  A suivre…



Publié à 07:47, le 16/08/2007
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Le jour du Pulaao coconut!

 

Vendredi soir, c’est  pulaao ! Le truc qui claque, et qui change du Daal Bhat ! C'est comme la bonne parole, il faut répandre le Pulaao-coconut ! Universalisons le Pulaao-coconut, Pulao-coconutisons le monde !

En voici donc les saintes écritures pour 4 disciples :

 

-         2 oignons

-         une vingtaine de dattes séchées

-         ½ noix de coco

-         une bonne noix de beurre (ici, on utilise du beurre clarifié : le ghee)

-         4 verres de riz

 

Dans le beurre, faire revenir les oignons, coupés en petits morceaux. Ajouter la noix de coco, en petites tranches fines, et les dattes, dénoyautées et coupées en  quatre. Laisser dorer un moment, puis verser le riz. Remuer quelques minutes, jusqu’à ce que le riz prenne une teinte un peu brune.  Recouvrir d’eau et laisser mijoter à feu très doux, en couvrant si besoin, jusqu’à évaporation complète. Communiez dans la joie et la bonne humeur!

 

La messe est dite!

 



Publié à 05:33, le 14/08/2007
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Le(s) jour(s) ou j'ai fait un didge (par Jo!!!!!!!!)

                                                                                               

Bon alors, c’est super le Népal ! Rien à voir avec l’Inde ! Mais arrivé à Godavari, ça fait plus d’une semaine que je n’ai pas joué de didgeridoo : il faut que je trouve une solution !!!Jé m’a dit à plusieurs reprises qu’il y a plein de bambous pas loin de la maison. Je décide donc de demander à Hari et Nanu ou il est possible d’en trouver, qui soient de taille assez importante. Nanu connaît quelqu’un qui en a sur son terrain, et qui peut m’en vendre. Ils me proposent d’aller voir ça demain. Tout content je leur réponds « ok ! pas de problème !! »       5 minutes plus tard, je me demande si je n’ai pas oublier un truc …j’en parle à Jé, qui me dit « tu as pensé à demander le prix ? » Ah, oui c’était ça  le truc!! Dans la foulée je me rends compte que je n’ai pas d’outils adéquat ; il y en a bien quelques uns à la maison, mais bon …on verra bien!!                                                                                                                             

Le lendemain, je pars avec Nanu voir les fameux bambous : effectivement, ce sont de grands bambous !Nanu me dit « Choose Brother ! » Ok, c’est cool, je les regarde, je tape dessus pour sonder la taille du trou… j’en vois un bien gros qui a déjà été coupé à mi-hauteur : j’en conclus qu’il doit être un peu plus sec que les autres. Il sonne bien creux quand je tape dessus…C’est bon, j’ai fait mon choix ! Nanu me dit qu’on reviendra le couper demain. Encore demain !...Eh oui, il ne faut pas être pressé au Népal.                                             

Nous rentrons à la maison, et je me rends compte que j’ai encore oublié de demander le prix…Et avec quoi je vais le couper ce bambou ? Je check les outils de la maison : une vieille petite scie courbe et une hache machette, sur laquelle je me demande quel est le côté qui coupe…je suis septique.                                                                                                  

Le lendemain, j’opte donc pour la scie qui coupe mal plutôt que pour l’autre truc qui ne coupe pas.        Nanu et Hari qui m’accompagne, ne sont pas du même avis : avec la scie je n’y arriverais pas. Il vaut mieux prendre l’autre truc. Après quelques minutes de discussion pour savoir lequel nous allons choisir, nous décidons finalement de prendre les deux.  Sur place, je commence à couper le bambou avec la scie qui coupe mal : c’est pas évident, c’est en pente et au bord d’un fossé, et à la vitesse à laquelle coupe la scie il me faudra trois jours pour venir à bout du bambou… J’essaie avec la hache-machette :  c’est guère mieux, et ça fait beaucoup de dégâts. Finalement, on se relais avec Hari à la hache-machette… On y arrive mais le bambou ne tombe pas : ses branches le retiennent aux autres ! On tire tous les deux fort sur la branche, pour le dégager, la branche casse et nous nous retrouvons par terre. Nanu rie aux éclats, nous aussi mais un peu moins. On décide donc de couper les branches qui nous gênent : je ré-empoigne la hache-machette           et j’essaie de couper ces fichues branches mais ça ne marche pas, et c’est un peu trop haut. Comment faire ? On réessaye de tirer sur la branche, en vain : elle casse comme la première    ; Hari glisse et se retient…en plein sur mon bobo au pied gauche !! (et oui, je l’ai toujours !) AIIIIEEUUU !!! Ca commence à bien faire ! on va bien finir par l’avoir ce bambou ! La proprio arrive, Nanu lui demande si elle a quelque chose de plus adapté ; elle part et revient avec une hache, une vraie !! avec un grand manche et qui coupe !!! Du coup  on le fait tomber en deux coup de cuillères à pot ! Je regarde de plus près : il y a deux petits trous mais rien de bien méchant, je  vérifie aussi le diamètre de la cavité et là, surprise ! le trou est tout petit ! Et oui Jo, le bambou a le pied plein !

Du coup, je me demande si j’ai bien fait de choisir celui là… Nanu et Hari me demande les sous ; Ah oui, c’est vrai qu’il y a encore cette histoire là ! je ne sais toujours pas combien ça va me coûter …                                                                 

-how much is it ? Nanu traduit à la propriétaire en népali                                                           

- 50 roupies ( Environ 50 centimes d’euro)                                                                   

C’est cool, me voila soulagé, même pas besoin de marchander ! Sur ce je rentre à la maison avec mon bambou, en me demandant comment je vais faire pour casser les nœuds et  agrandir le trou.

 A peine arrivé, je prends la petite scie pour avoir une coupe propre et j’attaque. Quand je vois ce que j’ai coupé au bout d’un quart d’heure, je me dis que j’en ai pour la journée. Je ne perds pas espoir, j’ai trop envie de jouer du didg ! Au bout d’une demi-heure, Nanu me voyant galérer, va demander à la voisine si elle a une scie. La voisine ramène une grosse scie à bûche qui coupe trop bien ! Décidemment, ça fait deux fois que je galère avec ces outils, y’a qu’à demander !  En deux minutes, après avoir délogée une famille de mille-pattes, (désolé) mon didg est à la taille désirée. Maintenant je cherche quelque chose pour casser les nœuds. Je me dis que l’idéal serait une grande barre à mine. Je demande à Nanu si, par hasard, elle connaîtrait quelqu’un…et là ; trop bien !! elle en a une chez elle !! Elle me l’apportera demain ; en attendant je ne peux plus avancer…                                                            

Le lendemain et le surlendemain, les enfants n’ont pas école. Je ne peux pas continuer devant eux car je veux leur faire la surprise et leur montrer une fois fini.                              

Lundi, avec la barre de fer, je casse les nœuds : ça fonctionne bien mais j’ai besoin d’une râpe avec un grand manche car le contour est toujours là. Avec la petite scie, je me sers du côté sans dent comme d’un racloir pour enlever l’écorce, là encore, ça marche très bien. Mais une fois mon didg écorcé, je dois arrêter, car il me faut une râpe, du papier à poncer et de la cire pour continuer. Je vais galérer pour trouver ça ; je ne sais pas comment le demander en anglais, et quand bien même, je ne suis pas sur           de trouver quelqu’un qui comprenne ce que ça veut dire. Je cherche dans le dico, mais même lui ne sait pas comment on dit râpe et papier à poncer ! Peut être qu’Internet saura, je fais ma petit recherche…Internet sait ! Râpe : rasp, papier à poncer : sand paper !! Tout content je vais voir Bagwati et lui demande si elle sait ou on peut trouver rasp et sand paper. « What ??? »                                                         

Je m’en doutais, ça ne me sert pas à grand-chose de savoir le dire en anglais. Je reformule et lui demande ou je peux trouver des outils pour le bois. elle me répond  qu’il doit sûrement il y en avoir au gros shop de Godavari. Ca me plait bien comme réponse, je décide d’y aller sur le champ. Bon là bas, ils parlent vraiment mal anglais et c’est déjà super compliqué de se faire comprendre quand on veut de l’eau du savon ou des biscuits, alors là… 

Plein d’appréhension, j’arrive devant le shop. Le vendeur me regarde et me fait signe de la tête. Je lui demande s’il a des outils, il me répond « quel genre d’outils ?»

-         « des outils pour le bois »

- « no »

- « et vous savez ou je peux en trouver ?»

- « no »

Bon ok, je vais devoir aller à Lagankhel. Il est trop tard, ça attendra demain…                                                                                                                            

Aujourd’hui, c’est festival, les enfants n’ont pas école. Je me prépare pour Lagankhel. Bagwati me dit qu’aujourd’hui c’est « bhanda » (grève générale) et qu’il n’y aura sûrement pas de bus. Un peu déçu mais loin d’être démotivé, je sors de la maison, emprunte le petit chemin bordé par les maïs, et arrive sur la route.  J’attends sur le bas-côté, c’est désert… 5 minutes, 10 minutes,      j’entends un bruit au loin, qui se rapproche, et je vois apparaître un camon,qui passe, et puis plus rien… 5 minutes, une moto, 5 minutes, un bus, dans l’autre sens : ça me redonne espoir.            5 min après, encore un bus dans l’autre sens, puis un troisième. Bon, ils vont bien finir par redescendre…J’attends, encore un bruit…le voilà le microbus !! Je fais signe au chauffeur, il s’arrête et je monte. On est au début de la ligne et il y a déjà beaucoup de gens. On part, ça y est je vais enfin pouvoir trouver mes fichus outils et jouer du didg (enfin…peut être)!! Plus le bus se rapproche de Lagankhel,plus les gens s’ammassent à l’intérieur. Déjà  qu’en temps normal c’est bondé (15-16 personnes, dans un minibus 10 places) mais là on doit être entre 20 et 25. Compressé dans un angle, balloté par les chaos de la route, j’ai hâte d’arriver. Une demie-heure plus tard, en entrant dans Lagankhel, j’aperçois un shop par la fenêtre qui ressemble à une      quincaillerie.  J’y vais tout de suite en descendant du bus.

-         « Bonjour, vous avez des outils pour le bois »

- « no »

- « et vous savez ou je peux en trouver ?»

- « no »

C’est vrai que si j’avais trouver tout de suite comme ça, ça aurait été trop facile.

Maintenant j’ai deux solutions : soit aller un peu plus loin, à Jawalakhel, ou on fait nos courses, soit je pars dans Lagankhel, que je ne connais pas du tout. Il ne me semble pas avoir vu de quincailler sur le chemin de Jawalakhel ; alors je choisis l’autre solution, et m’aventure en terre inconnue !! je m’engage dans une grande rue avec plein de shop, je marche et je regarde : un magasin qui vend des fringues, un autre qui vend des chaussures, un autre encore des casseroles, de l’artisanat…Bref,pas grand-chose qui m’intéresse. Je continue à marcher. Au bout d’un moment, je bifurque sur la gauche ; a vue de nez, ça doit rejoindre Jawalakhel. C’est sympa ici, toutes  les constructions sont en briques rouges, la route n’est pas goudronnée. Il y a plein de shop ici aussi, mais encore une fois pas un qui m’intéresse. Ah tiens, là si…un magasin de musique. Je demande au vendeur s’il à des guimbardes ; il en decroche une du mur,je l’essaye,pas terrible. Je lui demande s’il en a d’autre, et là il me sort un sac « ziploc » de dessous le comptoir et commence à extraire une à une les guimbardes qu’il contient. Beaucoup sont cassées ou en mauvais état,mais certaines ont l’air correct. Je les essaye, cinq retiennent mon attention. Je demande le prix : 150 roupies chacune. Et si j’en prends 5 ? Il réflechit et me dit :

-         600 !

-         400 !

-         500 !

-         450 !

-         Ok.

Encore une fois, je suis bien content, elles sont pas mal ces guimbardes, même si je ne suis pas là pour ça. D’ailleurs revenons en à nos moutons ! Je continue mon chemin, la route redevient goudronnée, avec plein de taxis, de motos, et toujours plein de magasins…mais toujours pas celui que je cherche. Je sens que je me rapproche de Jawalakhel, quand soudain, en plein virage, je vois apparaître une quincaillerie, super !!

Je rentre : « bonjour, vous avez des outils pour le bois ? »                                                                 

« oui, de quoi avez-vous besoin ? »                                                                                    

« I want a rasp ! »                                                                                                               « What ??? »                                                                                                                           

Même les quincailliers  ne savent pas comment on dit râpe en anglais… Je lui explique en anglais, et avec des signe, il à l’air de comprendre … Il part et revient …avec un rabot electrique… Je lui ré explique, maintenant il croit que je veux un rabot à main et me dit qu’il n’en a pas.  J’insiste, lui continue de croire que je veux un rabot !!! Je suis à court… pas moyen de lui faire comprendre…pourtant je suis à peu près sur qu’il a des râpes quelques part ! Je cherche du regard, je ne vois rien. Quelle frustration !  Je demande du papier à poncer, il en à ! La qualité n’est vraiment pas terrible,mais c’est mieux que rien.  Je lui achète ce dont j’ai besoin, jette un dernier coup d’œil et sort. Je continue en direction de Jawalakhel, toujours rien de bien interessant . Arrivé devant le supermarché, un petit arrêt pour acheter des couches, et je fais demi-tour, direction la place des bus. 200 mètres plus loin, je vois unmagasin qui vend des panneaux de contre-plaqué, et du papier à poncer « Top Quality » ; je lui demande une « rasp », il ne comprend pas non plus. Je lui explique avec les signes et les petits bruits qui vont avec. Il a compris ! Il est content d’avoir compris, et moi aussi je suis content qu’il ait compris ! Mais il me dit que non, il n’en a pas … mais qu’en continuant mon chemin, je trouverai un shop qui en a pas trop loin.  Je continue donc jusqu’au fameux shop,  je demande une « rasp », il ne comprend pas, j’explique, signes, petits bruits, etc …il se retourne et me sort une lime. On est pas loin. Je lui demande s’il a la même pour le bois, il me dit oui !!!!!!!!!!!!!!!!!

Il se retourne à nouveau, et là, ça y est je la vois ! Oui c’est ça qu’il me faut ! Combien ??                             

- 400 good quality !!                                                                                                                

- 300 not so good quality !                                                                                                        

- 400 good quality !!                                                                                                          

- 350                                                                                                                                 

- 375                                                                                                                                 

La ristourne est pas terrible mais j’ai pas  fait tout ça pour dire « non c’est trop cher » et rentrer bredouille. Donc maintenant j’ai a peu près  tout ce qu’il me faut ; il ne manque que la cire. Je retourne sur Godavari. Le bus est aussi bindé qu’à l’aller. Il me dépose devant chez l’apiculteur sous une pluie torrentielle. Je passe la porte, et découvre  le vendeur ronflant sur son sofa.                                                                                                      « Hum,hum ! excuse me …,  excuse me …,  SORRY, EXCUSE ME !! » Rienà faire, il dort bien. Je me tâte pour repasser plus tard, quand le fils du vendeur arrive de l’arrière boutique. Il me voit, et secoue son père énergiquement.Il ouvre un œil,puis l’autre, balaie la pièce du regard, me dit « hello » d’une voix ensuquée, selève pour allez s’asseoir derrière son bureau et me demande ce que je veux. « avez-vous de la cire ? » Il me regarde d’un  air dubitatif, et réfléchit. Il parle à son fils en népali, et me fait signe de le suivre dans l’arrière boutique. Nous arrivons dans une cage d’escaliers,descendons deux étages,traversons un modeste appartement et nous arrivons dans une pièce sombre,pleine de bazar. Le fils du vendeur déplace une pile de linge, ouvre les rabats d’un carton et me sort des feuilles de cire. « c’est ce que vous voulez » Oui, ça fera l’affaire. « combien en voulez vous ? »  je réponds qu’il m’en faut 5,il me les tends mais je le sens hésitant. Ilme demande pourquoi j’ai besoin de cire ; je réponds que c’est pour un instrument de musique. Il me montre des chutes de feuilles de cire et me demande si ça m’irait,parce que les feuilles entières, c’est pour les abeilles. Je lui dis « ok »,je prends ce qu’il me faut et nous remontons dans  la boutique. Le père est toujours derrière son bureau. Il regarde la cire que j’ai pris,parle à sonfils,qui retourne dansl’arrière boutique et revient avec unpain de cire. Le père me demande si ce n’est pas mieux. Je réponds que oui,mais que je ne veux pas le pain entier. Je lui montre ce dont j’ai besoin.Il ne doit pas être bien réveillé. Ilprend un marteau et commence à taper sur le pain de cire.  Rien ne se passe. Il se lève,pour frapper plus fort, mais à part imprimer la marque du marteau dans la cire, cette nouvelle technique ne change rien. Il prend le pain et le marteau et sort devant la boutique. Ilpose la cire par terre, saisi le marteau à deux mains, et frappe de toute ses forces. Etonné par cette nouvelle méthode, je m’approche pour voir de plus près. Les marques sont plus profondes,mais le pain est toujours entier.

Je le regarde faire 2 minutes,puis je lui dis que ce serait peut etre mieux de prendre quelque chose qui coupe. Il envoie son fils chercher quelque chose :il revient avec une lame de scie.  5 coups de marteau sur la lame et le pain est tranché ! Nous retournons a l’intérieur, le père toujours derrière son bureau ; il envoi  son fils d’aller peser la cire. Le vendeur commence à papoter, me dit qu’il ne vend pas souvent de cire,me demande d’où je viens et ce que je fais à Godavari ; puis on parle un peu du temps…mais au bout d’un moment les sujets viennent à manquer et le silence s’installe. Je trouve qu’il met du temps a peser, ça fait 5-10minutes qu’il est parti. J’en profite pour regarder un peu autour de moi. Du côté de la vitrine des pots de miels de tailles différentes sont empilés. Il y a aussi des articles d’apiculture : soufflet à fumée,habit de protection… contre le mur à côté,le fameux sofa, et derrière moi  ,une énorme horloge pas belle indique l’heure, à côté,des chaises en skaï noir et accoudoir en métal, et en face de moi le bureau, avec sa grosse calculette sous un plastique transparent et un téléphone dans une boite en bois,avec un battant pour cacher les touches.  Au dessus du vendeur, un autel haut en couleur dédié à ganesh, avec une guirlande clignotante.  Voilà,j’ai fais letour ;et le fils du vendeur n’est toujours pas revenu… Que fait il ? Il la fabrique cette balance ? Letéléphone sonne ;l’apiculteur décroche. Il rigole et parle fort. Il tapote sur sa calculette, raccroche,et continue de tapoter. Le téléphone ressonne, le vendeur  rigole de nouveau  et parle toujours aussi fort,et tapote encore…Peut etre que son fils s’est fait attaquer par une horde d’abeilles en colère ? Le gérant raccroche ; quelques minutes après,enfin le fils réapparait ;ça fait 250 grammes. Le père retapote sur sa calculette. « 250 roupies » je lui dit que je trouve ça cher. « excusez moi, j’ai confondu avec la cire en feuille » Il tapote une seconde fois « 9a fait 150 roupies » c’est encore trop cher. Je lui en propose 50,il est d’accord pour 100. Finalement je lui annonce 75 et il accepte ;je trouve ça encore un peu cher,mais je vais pas chipoter, j’en ai vraiment besoin. Je met la cire dans mon sac et je sors. La pluie s’est arrêté. Je retrouve le petit chemin avec les mais et l’emprunte avec un sourire de satisfaction. Ca y est j’ai tout ! Quand j’arrive à la maison,les enfants jouent ;la plupart sont dehors. tant pis pour la surprise, j’ai trop attendu !! Ce didg sera fini aujourdh’ui ! Je sors le bambou et commence a râperpour agrandir le trou.  Les enfants intrigués,s’approchent les uns après les autres et me demandent ce que je fais. Ma réponse reste invariable « tu verras ». Et oui,il faut bien conserver un petit effet de surprise quand même ! Tous veulent m’aider,trois tiennent le bambou, d’autres veulent regarder à l’intérieur,Dharma veut râper àma place,bref, c’est rapidement lebazar et je suis obligé de recadrer. « arrêtez c’est pas possible comme ça ;regardez mais laissez moi faire » Sur ce ils sont partis chercher les chutes de bambou que j’avais jeter dans le jardin et ont commencer a bricoler. Dharma a d’ailleurs fait un joli pot a crayon ! Quelques uns restent pour m’aider mais ils ne sont plus en surnombre. Je continue à râper ;le bois est vert et c’est pas très pratique à travailler…je râpe encore un peu…voilà,ça va comme ça. Maintenant,il faut que je trouve un manche pour râper les nœuds. Je jette un coup d’œil sous les escaliers et j’y trouve un bambou fin et fendu au bout. J’essaye… trop bien ! la râpe s’emboîte parfaitement dans le bambou ; je vais chercher un peu de corde dans le bureau, j’attache l’ensemble,et je vais essayer ce nouvel outil. Je rattache la râpe au manch 4 ou 5 fois,mais ça fonctionne bien et je fini assez rapidement.  je fais le chanfrein au niveau de l’embouchure puis j’en ai fin avec la râpe. Les enfants s’impatiente « c’est fini ? » « c’est bientôt fini ? »  « qu’est ce que c’est ? ». Pendant que je commence àponcer,les enfants essaient de deviner à quoi va servir ce bambou percé. « c’est un jeu ? » « on met une balle dans le trou et on la jette ?» « c’est pour Shanti ?» « c’est unelongue vue ? » « on fait des trous dedans et ça  fait une flûte géante ? » Les questions et les propositions fusent. Je réponds et continue à poncer. Le papier a poncer est aussi pourri que le bois est vert ; il s’encrasse à une vitesse importante et pas moyen de faire un ponçage correct.  J’insiste malgré tout, ça ne change pas grand-chose ; tant pis je le ferais plus tard !Je prends la cire et commence l’embouchure. Lesenfants s’interrogent de plus belle :  « ça sert à quoi ça ? » « qu’est ce que c’est ? » « c’est bientôt fini ? » Ca prend un peu de temps,le trou est bien large,il faut le réduire. Petit à petit àa prend forme. Plus qu’un petit boudin à mettre et lisser le tout. C’est fini,enfin ! Je vais pouvoir jouer et découvrir comment ce didg sonne. Je pense que ça devrait aller mais j’ai hâte de savoir.  Je rassemble les enfants et leur demande s’ils ont d’autres idées sur l’utilité de ce bout de bois ?Ils sont à court. Je leur dis que c’est un gros bâton pour frapper les méchants enfants et je mime cette usage saugrenu : ils détallent tous en courant. Je suis mort de rire et eux aussi. Jeleur explique plus sérieusement ce que c’st d’où ça vient et je m’apprête à jouer. Je savoure ce moment ou après tant d’attente,je vais pouvoir souffler à plen poumons ma joie de vivre, la transformer en vibration, faire danser mon diaphragme  au rythme  de mes joues et de la mélodie de ma langue. Bref, je vais enfin pouvoir jouer du didg quoi !! Ca y est j’ai pris mon inspiration,je vais souffler…soudain,Jé sort de la maison et me dit « attends !! attends !! je vais chercher la caméra ! » C’est vrai,j’avais oublié,on voulait filmer la réaction des enfants. Bien joué Jé,c’était moins une ! Elle part en se hâtant ;ça fait durer le suspens pour les enfants qui étaient à une seconde de découvrir ce que c’est que ce bambou. Jé revient avec la caméra,se pose dans un coin pour avoir une vue d’ensemble et cale la bande. Elle s’est dépêché, ça a pris moins d’une minute,mais ça m’a paru super long. J’ai pas dû assez attendre : les dieux de didg ont décidé que ce n’était pas tout à fait le bon moment. Jé me dit : « quand tu veux ! ». Je ressavoure le moment, rempli mes poumons…je souffle…

Les enfants surpris écoutent. Ca fait du bien de jouer ! Je découvre les sons et les capacités de ce nouveau didge, pendant que les enfants découvrent le didge tout court. Il est sympa ce biniou ! Ca vaut pas un ecalyptus, mais pour un bambou il sonne bien. Je continue de me faire plaisir,et ça à l’air d’être communicatif. Les enfants murmurent, certains s’allongent sur le sol et viennent coller un œil ou une oreille au bout du didg. Aucun d’entre eux n’a jamais entendu ça, sauf Kamal « dans ses rêves »…Je m’arrête de jouer,les enfants applaudissent puis se précipitent sur le dige « je peux essayer s’il te plait ? ». Ils en prennent chacun un bout et letire vers eux. Un recadrage s’impose :  « du calme les enfants… c’est un instrument de musique, c’est fragile. Vous pouvez essayer mais chacun son tour. » Ca marche trente secondes mais les babus sont trop euphoriques, et je dois recadrer de nouveau. Tout les enfants essayent,ça fait  des prout et des pouëts, et ça ricane.

            

       Aka                      Kamal                                                          Pandabi

 Khéti

De mon côté ,je suis bien content d’avoir un nouveau didge, et encore plus parce que ça plait aux enfants. Devant autant d’engouement, je prévois de faire un atelier de fabrication et d’apprentissage de didg.

Bisous à tous !

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Publié à 11:35, le 27/07/2007
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Le jour du deuxième anniversaire de Shanti

           

Il n’est pas dans la culture népalaise de fêter les anniversaires ; ça commence à se répandre, notamment dans les grandes villes ; mais dans les campagnes, comme dans la région d’Humla d’où viennent les enfants, ça ne se fait pas. Aussi, tous les ans, en avril, nous célébrons l’anniversaire de la maison ; on fait des jeux, on achète de la nourriture différente, on fait des concours, et cette année, les enfants sont même allés au cinéma ; c’est un peu comme un anniversaire collectif, qui marque le début de leur « nouvelle vie à Godawari ». Les enfants m’ont demandé quand était l’anniversaire de Shanti et ils étaient bien déçus quand on leur a dit qu’on l’avait fêter en Inde, juste avant de venir à la maison ; du coup, Pandabi, Navraj et Khéti ont décidé qu’aujourd’hui, c’était (encore !) l’anniversaire de Shanti. Ils ont donc organisé une petite sauterie ! Les invités sont conviés pour 15 heures, et tout le monde est présent : deux baleines, un marsupilami et bébé marsupilami, maman cochon et bébé cochon, une tortue, deux vaches, un panda et une souris.

Les enfants installent Shanti, docile, dans le canapé et placent les invités autour de la reine de la journée. Le plan de table est étudié ; il semblerait que la souris et l’ours se soient fâchés lors de la précédente réunion. Le souris nous a dit qu’elle n’était pas sûre de pouvoir se maîtriser ; aussi pour garantir la sécurité de l’ours,qui a hésité à venir, les enfants ont placés la baleine entre eux. La fête peut enfin commencer ; on offre à Shanti tous les jouets des étagères : un puzzle, des jeux de cartes, des cubes en bois, … Mademoiselle est aux anges, tout son petit monde autour d’elle… Elle salue l’assemblée en joignant les mains (elle a vite compris le truc du"namaste") …

Nous terminons par un gouter en règle, riz pillé- bananes.

Les invités eux, n’avaient pas très faim…

 

        

 

 



Publié à 08:40, le 18/07/2007
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Le jour ou on vous présente Godavari et la maison

     

                                               

Godavari est un petit village, situé à une trentaine de kilomètre de Katmandu ; arrivé ici, les véhicules n’ont d’autres choix que de faire demi-tour. La route s’arrête à Godavari. C’est un cul-de-sac à flanc de jungle. Partout autour de nous, du vert, des arbres, des collines, des oiseaux aux couleurs magnifiques et aux chants étonnants… On voit Katmandu au loin, et quand le ciel est bien dégagé, on peut même apercevoir un bout d’Himalaya.                

S’il n’y avait la carrière de marbre qui fait exploser la colline d’à côté tous les matins,  on pourrait se croire au paradis…  

Il y a ici un jardin botanique immense, aux milles plantes et aux milles odeurs, un temple de réfugiés tibétains qui dégage une sérénité apaisante, et du vert, toujours, a perte de vue…                                                                                                       

                                         

C’est dans ce village qu’à ouvert en 2004, la maison d’accueil pour enfants « Little Princes ». Et c’est ici que j’ai fait mon stage il y a deux ans. A l’époque, la maison ici n’était pas reconnue par le gouvernement népalais, 18 enfants de 4 à 13 ans y était accueillis, trois népalais y étaient employés à plein temps : un coordinateur-traducteur, Hari, une « washing didi » ,Nanu qui s’occupait de la lessive et du  ménage, et une « cooking didi » pour la cuisine,Bagwati, qui vivait avec les enfants à la maison. Des étrangers , dont Farid, y étaient volontaires. Les enfants viennent tous d’Humla dans l’ouest Népal ; ils ont été victimes des trafics d’enfants qui sont apparus avec la guerre civile ces dix dernières années, et leurs familles n’ont pas les moyens de les reprendre.                                                                                   Trois ans après l’ouverture de la maison, bien des choses ont changé ! Nous avons accompagné les employés sur place dans la création d’une ONG reconnue par le gouvernement afin de légaliser le projet ; avec plusieurs anciens volontaires, nous nous sommes regroupés sous forme associative en France avec  « Les Petits Princes Du Népal », pour pouvoir récolter des fonds, chercher de nouveaux parrains,organiser des conférences,parler du projet etc… Hari est devenu manager de la  maison, et nous avons réussi à récupérer deux enfants qui avaient respectivement un frère et une sœur ici. Les 20 babus sont scolarisés dans une école privée du village voisin, « Dolphin English School ». Les plus grands sont de vrais adolescents, et les plus jeunes commencent à bien s’affirmer ! 

Mais que faison nous de nos journées ???

Le matin, les enfants se réveillent avec le soleil ; parfois 5h30… nous arrivons à les faire rester dans leurs chambres jusqu’à 6h3O, et là, la maison s’éveille… on court aux toilettes, on s’habille, on se débarbouille, et tout le monde descend pour le meeting avec Hari à 7heures, autour d’un thé et deux biscuits.                                                                                       

7h30, par groupe les enfants font le petit ménage de la maison : vaisselle, aide à la cuisine, nettoyage des salles de bains et coup de balai partout.                                      

Jusqu'à 8h30 c’est « reading time », on finit ses devoirs, on révise ses leçons 

          

8h30, c’est l’heure du repas ! Au Népal on mange  matin et soir, plus deux « goûters » a midi et quatre heures. Au menu, Daal Bhat, tous les jours, à tous les repas. Daal c’est les lentilles, et Bhat c’est le riz. Pour rompre la monotonie, Bagwati prépare des currys de légumes différents chaque  jour.   

                   

                                                                         

9h00, vaisselle, on se brosse les dents, on met son uniforme, on prépare cartable et boite à goûter, on cire les chaussures, on remonte les chaussettes, on met les kikis dans les cheveux, on ajuste la cravate et on se prépare au départ.                                                                    

        

9h25, les enfants se mettent en route pour l’école. Dolphin School est à environ 15 minutes de marche de la maison. 

                                                                                                   

La vie continue pour les employés, Nanu fait la lessive des enfants et nettoie la maison, aidée de Bagwati, Hari s’occupe de la paperasse, des comptes, de la gestion des stocks, et nous on aide un peu pour tout ça.                                                                                              

Les enfants rentrent de l’école vers 16h30. Les journées passent à toute vitesse.                       

Un goûter, on s’amuse un peu, et à 17h00 c’est déjà l’heure de la « classroom ». Un étudiant vient aider les enfants pour leurs devoirs jusqu’à 19h00.                                                    

Un petit tour par la salle de bain,on se lave les  mains, et on va manger le Daal Bhat du soir.                                                                                                                              

19h30, c’est le même rituel que le matin, vaisselle, on se brosse les dents, on met son pyjama, on va faire pipi, on lit une histoire,on fini ses devoirs ou on écoute de la musique.

20h30 extinction des feux pour les petits, 21h pour les moyens, les grands quant à eux se gèrent tout seuls.                                                                                                        

21h02, extinction des feux pour nous …dans la journée, on est monté 42 fois au premier étage et 11 fois sur le toit, on a donné et récupéré 8 fois le coupe-ongle, 5 fois les ciseaux, et 4 fois le scotch, on a échangé 2 cartables cassés contre 2 cartables non cassés, on a distribué 3 cahiers de népali, 4 gommes et 3 tailles crayons, on a soigné 2 petits bobos et 1 gros chagrin, on a fouillé dans sa mémoire pour y trouver l’explication de la règle de 3, on a remit 2 tee shirt a l’endroit, et quelques pendules à l’heure, on a fait une partie de carrom board, et on a même jouer avec  Shanti…   

   

Mais ou trouve t on l’énergie de publier des articles sur le blog depuis la connection 28k de la maison ???????

(durée moyenne de publication d’un article, entre 4 heures et 4 jours; comprenez vous qu'ils se fassent plus rares? La connection ici, c'est la moitié du bas débit en France... )

Vous voulez nous remercier de tant de dévotion ? Vous ne savez pas comment ???

Allez donc faire un petit tour sur notre site internet http://lespetitsprincesdunepal.easter.fr ou www.outsidefoto.de/enfantsdunepal

            Nous sommes toujours à la recherche de parrains !!! 



Publié à 04:22, le 15/07/2007
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Le jour ou on est vraiment arrrivés!

C’est le grand jour ! On nous attends a Godawari dans l’après midi… je suis impatiente !!Auparavant, nous devons passer voir Farid ; c’est un français que j’ai rencontré il y a deux ans à Little Princes Children Home,ou il était volontaire comme moi. Il fait également parti de l’association que nous avons créée en France pour soutenir la maison d’enfants. Aujourd’hui, il vit à Swayambu, dans la banlieue de Kathmandu, et est responsable autre  centre d’hébérgement pour enfants.Nous prenons un taxi pour monter jusque chez lui, qui nous dépose à Kimdol Chowk, devant la clinique vétérinaire comme prévu. Nous nous lançons à la recherche de la maison de Farid…tout droit, passer devant l’école et prendre le chemin qui descend a droite ; au deuxième croisement, prendre a gauche, c’est la maison jaune et bleue… Il y a deux maisons jaunes et bleues ; et toutes deux portent l’enseigne de « Umbrella organisation », la fondation avec laquelle travaille Farid.Deux didis sont en train de faire la lessive dans le jardin. Nous demandons Farid.Un enfant arrive encourant :

« Farid Brother’s House?? Yes Yes i know!!! »

. Le petit garçon nous emmène a travers les chemin. Il s’arrête devant une grande maison, et frappe au portail…personne ; le jardin a l’air vaste. Nous entrons et avançons jusqu’à la porte.Farid nous ouvre. Je suis contente de le revoir !! C’est un garçon vraiment passionné par le Népal et qui connaît bien la problématique des enfants. Les retrouvailles sont chaleureuse ; Farid a passé la nuit précédente à Godawari ;il me parle un peu des enfants ; ils ont grandis, changé, celui là est  plus comme ça, celui là moins comme ci, …j’ai hâte j’ai hâte !!! Je n’avais même pas réfléchi au fait qu’ils ont forcément tous grandis …je m’attends à les retrouver tels que je les ai laissé… On passe un bon moment à papoter, et c’est bien agréable. Mais nous devons redescendre sur Kathmandu pour récupérer nos affaires à l’hôtel.Nous reprenons un taxi et redescendons sur Freak Street ; j’ai le cœur qui bat a 100 à l’heure ; je voudrais déjà y être. Jo est aussi impatient de rencontrer les enfants. Je fais les sacs plus vite que mon ombre, paye l’hôtel, et nous partons en quête d’un taxi. C’est assez difficile. Le Népal connaît en ce moment une grave crise au niveau du pétrole. Tout leur carburant est importé d’Inde ;le problème, c’est que l’argent pour payer l’essence à déjà été dépensé, pour autre chose. Du coup, l’Inde a stoppé ses exportations, et la Népal est en pénurie, les stations rationnent les automobilistes… Farid a rencontré un chauffeur de taxi qui a attendu 12 heures pour avoir deux litres d’essence… Nous en trouvons un pour 1100 roupies (11euros) C’est facilement le double de ce qu ’on aurait payé en temps normal.Je m’en fiche, je veux qu’on arrive le plus vite possible ! Pas moyen de prendre le bus avec tous nos sacs, en plus on en aurait pour au moins deux heures et demie.Jo est monté devant et je le sens qui regrette… Le chauffeur roule un peu comme un fou ; on se demande s’il a son permis…Jo se crispe un peu plus à chaque coup de frein. Je reconnais chaque détails de la route, ce qui été déjà la, ce qui a été construit entre temps… C’est comme si je n’étais jamais partie…je me revois, quittant la maison le cœur gros, me demandant quand je reviendrais… Pendant deux ans, pas un seul jour ou je n’y ai pas pensé, et presque pas une seule nuit ou je n’ai pas rêvé de ce retour…J’aperçois enfin l’énorme bouddha perché sur la colline…nous arrivons… nous demandons au chauffeur  de nous laisser devant les shops ;de toutes façons, il n’y a pas de route pour aller a la maison. Nous sortons nos sacs, payons, et prenons un moment pour fumer une clope. Je ne suis jamais venue à cette période de l’année ; tout le paysage est modifié. Pourtant, il y a cette chose dans l’air…quasi mystique, c’est endroit est un endroit magique. C’est le lieu le plus paisible que j’ai jamais vu… Les collines aux alentours sont verdoyantes,et le vent siffle a travers les maïs… Je suis tout près ;les enfants sont à …peut être 100 mètres… mais là,a ce moment précis, je n’ai même plus hâte… ç’est bon, on y est… Il n’y a pas d’endroit ou je me sente plus chez moi qu’ici… Je regarde Jo, qui regarde Shanti, qui regarde autour d’elle. Je les sens apaisés…je pense qu’ils se plaisent aussi.Allez, c’est le moment…j’ai le trac…les enfants m’ont peut être oublié, il passe tant de volontaires ici…Nous prenons le petit chemin de terre qui mène à la maison. Les maïs sont immenses, on ne voit pas bien loin…le dernier virage est devant moi ; j’aperçois un bout du toit…puis une silhouette…c’est Bagwati, la cuisinière qui nous guète ! On crie « Namaste » en faisant des grands signes avec les bras…elle nous voit et nous imite. Nous sommes à plusieurs mètres, on sent comme un grondement, une agitation qui monte… plusieurs enfants arrivent sur le toit, et nous font des grands signes…Ils sont trop loin je ne les reconnais pas…j’entends le portail grincer, et j’en vois arriver plusieurs qui courent vers nous…  « Namaste Sister !!! »Ici, on est tous des sisters, ou des brothers, ou des didis, c’est comme ça, népali way…Les enfants prennent nos sacs, nous embrassent, touchent Shanti…nous passons enfin l’entrée. Le reste des enfants est là, sous le porche…« Namaste Sister, namaste Brother !!” »Namaste, Namaste les babus…Les questions fusent « Tu te rappelles de tous nos prénoms ? et Shanti, elle parle ? Elle comprend le Népali ? Et qu’est ce qu ’elle va manger ? Et elle marche ? !!»Nous prenons un moment pour monter nos affaires dans la chambre. En entrant dans la maison, j’ai un moment de vertige…les odeurs frappent ma mémoire, c’est plein de sensation, de rires, de souvenirs… Nous montons a l’étage, les enfants nous suivent…continuent a nous questionner…Nous entrons dans notre chambre et posons enfin nos sacs,pour de bon. Fini l’aventure, fini chaque nuit dans un endroit différent, on se sédentarise…Et ça fait un bien fou…Les enfants sautent tous sur Shanti. C’est dingue de voir comme ils prennent soin d’elle. Ici les enfants sont habitués a s’occuper de leur frères et sœur dès l’age de 3 ou 4 ans. Ils sont très prévenants, attentifs,ils se relaient pour rester avec elle, lui apporte des jouets, des peluches, la pauvre ne sait plus ou donner de la tête, mais elle est contente, on s’occupe d’elle ! Je demande aux enfants d’y aller doucement…je leur explique qu ’il y a une heure elle était toute seule, et que maintenant, elle a 20 frères et sœurs, alors il faut y aller doucement.Jo et moi nous nous asseyons dans le canapé ; Navaraj vient s’installer a coté de moi. Je regarde les enfants jouer avec Shanti…Enfin…à la maison… 

 

       

                        Mangali et Shanti                                                 Kamal,Aka,Prakash,et Dhirendra

 

                  

 

               Une partie des Babus...                                                           Navraj apprend à écrire à Shanti



Publié à 11:59, le 1/07/2007
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Le jour ou on a quitté l'Inde...

Dans 20 secondes il sera 7h00… Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, trop chaud…tellement chaud… Jo non plus n’a rien dormi. Dix secondes… c’est toute ma confiance dans l’horlogerie indienne qui se joue ! Cinq secondes…sonnera ? sonnera pas ? La trotteuse trottine, jamais vraiment à la  même allure, ici toutes les secondes ne sont pas les mêmes …7h00 !!!!.........................................Fichtre !!! Il n’a pas sonné !! Pas un clic, pas un bip, pas un son, rien !! J’en étais sure !! Une chance qu’on ne soit pas en hiver, on aurait manqué notre avion... Je me lève, Jo somnole toujours,et Shanti est encore bien loin… Je commence à faire les sacs ; c’est dingue comme on s’étale même pour 24 heures… Je prépare le repas de Shanti pour ce midi. On lui a pris des carottes et des pommes de terre sur le marché, mais avec la chaleur qu’il fait, je suis un peu sur la réserve. Jo se lève,Shanti aussi… On déjeune en vitesse ; de toutes facons, nous n’avons pas tres faim. Je sors chercher un taxi pour aller à l’aeroport ; quatre bonhommes me sautent dessus :

- Taxi ! Taxii !  

Je m’approche de l’un d’eux et lui demande :

- Combien pour aller à l’aéroport ? 

- quel aeroport ? 

- Indira Gandhi, l’aeroport international 

- 300 roupies 

- Pour en venir, j’ai payé 200 

- 250 

- 200

- 230

- Ok, fifty fifty, 225 !

- 200

-……

-……

- Ok,Ok… 

Jo arrive:

 - Attends, c’est bon,le mec de l’hôtel  a des taxis pour l’aéroport  à 250 roupies.

-Justement, là il est d’accord pour 200… Trop tard, l’imbécile de veilleur de nuit fait signe au chauffeur de taxi, je rentre avec eux dans le hall de l’hôtel pour prendre les sacs, ils parlent en Hindi, pourtant je comprends tout ce qui se dit. Le veilleur imbécile demande au chauffeur combien je paye, le chauffeur véreux répond 200, le veilleur imbécile ricane. Le chauffeur véreux regarde la pancarte derrière le veilleur imbécile : « ici taxi pour l’aéroport : 250 roupies»    

Le chauffeur s’approche de moi : 

-         C’est quel aéroport déjà ?

-         Indira Gandhi

-         L’aéroport International ?????

-         Oui-         Ah mais non !! C’est beaucoup trop loin !! C’est 250 roupies ou rien !! 

Je repose mon sac, ressort dans la rue, mais je comprends rien qu’en les regardant que tous les chauffeurs se sont mis d’accord. Il y a marqué «  250 roupies ou rien » sur tous les fronts… Bon en même temps, c’est le prix qu’on a payé pour venir, mais on était  quatre (ici c’est une raison pour payer plus cher)…

Un ado s’approche de moi :-         Tu vas ou ? Indira Gandhi ?

-         Oui

-         Dis moi quel est ton prix c’est d’accord

.-         200 roupies ?

-         Ok, va pour 200. I

l part en direction d’un taxi en retrait, bien derrière les autres, parle un instant par la fenetre ouverte, et me fait signe. Il  revient nous aider a porter nos sacs et à les charger ; il joue avec Shanti… les autres chauffeurs sont dégouttés,et moi bien contente !!On part enfin, je regarde défiler le paysage, le Delhi moche, en travaux, les cabanes de tôles…Le chauffeur a fait cramer un enorme bout d’encens ; dès que l’on s’arrete, on est dans la fumée… Il y a plein de petits autocollants kitch sur son tableau de bord, qui représente des divinités hindoues multicolores, sur fond pastel avec cadre doré…Il s’arrête sur le bas coté d’une grande avenue, et nous explique qu’il repartira quand le feu, dix mètres plus loin sera vert ; il y a des compteurs au dessus des feux pour savoir dans combien de temps il change de couleur ; la en l’occurrence, près d’une minute à attendre. On lui demande pourquoi  il s’arrête si loin ; il nous explique que là, il y a un arbre,et donc de l’ombre. Plus loin, non. Ca se tient… Il n’est pourtant que 8h00 du matin mais il fait déjà bien chaud. Après une ode a Shanti, chantée par le chauffeur, on arrive enfin a Indira Gandhi.

On entre dans le hall, mais notre enregistrement n’a pas encore commencé.On attend devant le panneau d’affichage, afin de  pouvoir se débarasser de nos bagages au plus vite. Il y a des vols, qui décollent plus tard que le notre et qui enregistre déjà… Jo va se renseigner. Si en fait notre enregistrement a commencé… pourquoi ce n’est pas affiché ?? qui sait…Tout va très vite, contrôle de passeports, de sacs, de billets, duty free…On monte dans un resto pour manger un morceau. La purée de Shanti a tourné, elle àviré au vert bleu… On lui commande du riz. Je l’emmene aux toilettes pour la changer. Tiens elle a un truc qui brille sur la gencive…qu’est ce que… oh !! sa dent du haut !! Enfin, depuis le temps qu’elle était toute proche…on ne l’attendait plus…Elle fait la folle,marche entre les tables, fait de plus en plus de pas toute seule…Il est l’heure. On avance à la porte d’embarquement. Tout le monde se bouscule, se passe devant, c’est un peu oppressant…A bord de l’avion, les gens mettent un temps fou a s’installer, cherchent leurs places pendant des heures… Le monsieur qui est assis à côté de nous n’a pas l’air ravi de voir Shanti… En plus il y a trois ou quatre autres bébés a bord…On fait au moins trois fois le tour de la piste et on décolle enfin. Ils n’ont pas de ceinture pour Shanti, et me dise de la garder sur mes genoux contre moi, ça suffit…

Le vol est chaotique, plein de turbulences ; le voyant des ceintures s’éteint et se rallume toutes les deux minutes, je n’arrive pas àaller aux toilettes. Shanti dort sur les genoux de Jo au milieu, moi je suis contre le hublot. Pour la troisième fois je me lève enjambe Jo et la petite, dérange le monsieur qui n’était déjà pas très content d’être là, et dans le couloir, j’entend « ding » et le stewart me fais signe : retournez vous asseoir !On arrive enfin a Kathmandu…j’obtempère,  pour la bonne cause : atterrir ! A peine posé sur le tarmac,tout le monde décroche sa ceinture, malgré les hôtesses qui gesticulent « restez assis,nous ne sommes pas encore arrivés ! » La plupart des Indiens n’accrochent pas  leur ceinture en voiture ; je pense qu’ils se disent que s’ils doivent avoir un accident, ce ne sera probablement pas maintenant.Nous avons compris et décider de nous adapter au coutumes locales. Nous devons changer Shanti,et ne voulons pas être les derniers à sortir de l’avion. Je retourne dans l’allé, et ouvre le coffre au dessus de la tete du monsieur pas content, qui l’est décidemment de moins en moins. J’attrape une couche et retourne sur mon siège. C’est acrobatique,mais nous y arrivons.Pour sortir de l’avion,on fait comme tout le monde : on pousse, on pousse, on pousse… On descend de l’avion,et on se retrouve sur le tarmac. On marche jusqu'à l’intérieur de l’aéroport pour remplir nos feuilles de débarquement. Toujours la même chose, nom prénom, date de sejour, numéro de passeport,et d’où on vient, et ou on va etc…Nous payons nos visas ; bonne surprise, pour Shanti c’est gratuit. Je vérifie qu’ils nous ont bien mis les tampons: je ne me ferais pas avoir deux fois !!Tout est en ordre, nous allons récupérer nos bagages.

La couche de Shanti fuit déjà,ou plutôt déborde…ces couches indiennes…grrrr !! Jo est  trempé, Shanti aussi : elle goutte par terre. Je garde les sacs pendant que Jo essaie de trouver des toilettes. Un policier s’avance vers moi et me demande :« vous attendez quelqu’un ? »Zut,il veut surement que je sorte à l’exterieur…et Jo qui ne revient pas…« Oui, mon compagnon et ma fille. »Le policier s’éloigne… je vois Jo au loin. Nous chargeons les sacs sur un chariot et sortons. Le policier nous suit. Il veut juste discuter…on est français ? lui,il a appris le français a l’Alliance Française,il nous baraguouine deux ou trois phrases, on se détend un peu. Bien sur dans la foulée il essaie de nous refourguer son copain taxi,  qui connaît un mec, qui tiens un hotel tres tres bien (et tres tres cher). Je trouve un taxi coopérant, qui accepte de nous emmener pour pas trop cher sur Freak Street.Je regarde la route défiler…j’ai l’impression de n’être jamais partie. Pourtant, beaucoup de choses ont changé en deux ans. La situation politique s’est améliorée, il n’y a plus d’état d’urgence,plus de barrages, de checks points,de militaires en armes dans les rues. C’est comme si rien de tout ca ne s’était produit…Je suis si heureuse que j’ai les larmes aux yeux…Il fait moins chaud qu’en Inde , on va etre mieux…Le chauffeur nous aide gentillement a sortir nos bagages, et nous nous mettons en route. New road, la place Basantapur, Freak Street… Nous posons nos valises dans un petit resto que j’ai beaucoup frequenté il y a deux ans. Ils y font du gateau basque, et les gens y sont charmants.J’en profite pour trouver un hotel pas trop cher. Le gérant se rappelle de moi, mais me dit qu’il a eu du mal a ma reconnaître, parce que j’ai grossis non ? Je rigole et acquiesce, oui je sais….Ilnous dégotte une chambre au troisième, avec un balcon et vu sur la place…super !!Je cours chercher le reste de la family, et nous posons enfin nos valises !!Encore quatre jours avnat d’aller a la maison d’enfants, ou on ne nous attends pas avant dimanche…ca va être long…je suis juste a coté, mais doit attendre, c’est désagréable…Mais dans l’immediat, nous avons surtout besoin de repos…On va manger un morceau dans « thamel », et décidons de ne plus y remettre les pieds. C’est vraiment trop touristique…La nuit est deja tombée, nous  nous décidons a rentrer. Shanti est naze, et nous ne sommes pas bien plus frais. On prend un rikshaw pour regagner l’hotel ; c’est merveilleux, il y a des gens partout dans les rues, , il y a des marchands ambulants  qui vendent des mo-mo, plein de monde  assis sur la place, qui discutent… Il y a deux ans, lors de mon précedent sejour, il y avait un couvre feu en raison de la guerre civile, et a 20h les népalais n’avaient plus le droit d’être dehors… C’est super de voir la vie revenue…Nous couchons Shanti et sortons sur le balcon. Jo aussi se sent mieux ici. Il trouve le Népal moins hostile que l’Inde…disons qu’ici, on se sent moins étranger…

Il se sent bien ; je suis contente…Shanti aussi a l’air d’être à l’aise. Pleins de bons moments en perspectives…

Je regarde la place et me dis..."ca y est, enfin, on y est!"

 

 



Publié à 12:57, le 27/06/2007
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Le jour ou on est retourne a Delhi

Lundi 25, on se reveille en y pensant "aujourd'hui, on repart pour Delhi" Le genre de pensee qui vous ruinerait une journee...On est redescendus passer la nuit sur Mac Leod, afin d'etre sur place pour prendre le bus.On prend notre dernier pti dej chez Raph et Dokkha evidemment, puis on rentre preparer nos affaires, les repas de Shanti pour le bus... La journee passe a une vitesse incroyable. On a fait nos derniers achats, les sacs sont presque boucles, mis a part les deux, trois couches qui sechent encore sur la terrasse. Il est deja 18h15. Nous avons minutes pour aller jusqu'a l'arret de bus, a l'entree de Mac Leod.On paye le manager de l'hotel, on prends notre barda, bien dans le speed, en essayant de se charger au mieux, negociant le port d'un sac contre une Shanti... Nous prenons la route charges comme des mulets. Il a plu, la descente est pleine de boue. On ne voit pas ou on met les pieds, on est en retard on ne peut meme pas presser le pas...On s'arrete a la hauteur du premier bus:

-Delhi?

Le gars nous repiond que non et nous montre le bus un peu plus bas. Evidemment on est pas assez en retard, ca ne pouvait pa etre le premier. Au deuxieme chauffeur on demande:

-Delhi?

-Yes

Ouf.....

-Wich company?

-Blue Bed Travel

Et la le mec nous dit que non il bosse pas pour Blue Bed Travel, mais que c'est le bus bleu (on aurait du s'en douter) tout en bas, le dernier des bus ....... On utilise notre derniere energie pour se trainer jusqu'au bus bleu...Des hommes sont en train de charger des valises sur le toit. Le depart n'est pas pour tout de suite, on se ca(L)me un peu.

Apres demain on est  au Nepal...

-Delhi?

-Yes

-Blue Bed Travel?

-Yes

On voudrait poser nos sacs par terre mais il y a trop de boue. Le gars me regarde et me dit que "oui, vous allez devoir prendre vos sacs avec vous sur la couchette hein, parce que le coffre est plein. Je suis epuisee...je reponds que non, il va les mettre sur le toit avec les autres sacs s'il lui plait. Il lui plait. Nous montons dans le bus. C'est parti pour l'interminable attente du depart. Je me penche par la fenetre. Trois hommes sont en tain de trotouiller quelque chose dans le moteur, avec differents outils... Je vais eviter de me pencher par la fenetre dorenavant. Il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir. Enfin nous partons. Je suis morte de trouille, on doit descendre tout en bas de la montagne, et le chauffeur ne retrograde jamais, il freine et freine pendant des heures. Je me dis que les freins ne tiendront jamais jusqu'en bas. Jo pense que si, Shanti dort. On vient a peine de partir et j'ai deja envie d'aller aux toilettes. Le premier arret n'est pas prevu pour de suite, je prie pour une pause forcee. Par bonheur je suis rapidement exaucee! Une equipe de la DDE locale refait un morceau de route, et comme ils sont dans le virage, le bus ne passe pas. On se gare sur le bas cote, et on attends qu'ils aient fini leur parcelle de bitume. J'en profite pour courir derriere un petit bosquet, mais pour ce fair, je dois marcher sur le goudron frais. Jo aussi de fait avoir en allant fumer une clope. Nous avons les plantes noires et collantes. Impossible d'enlever cette pate immonde, on s'en met de partout... Au bout d'une petit demie-heure, nous repartons...On s'allonge en essayant de ne pas mettre nos pieds en contact avec les couvertures, et on somnole un peu...

Premier arret pour manger. "l'aire" est moins grande que celle de l'aller. C'est un petit resto de bord de route. Le serveur est venu prendre la commande pendant que j'etait aux toilettes. Je demande a Jo ce qu'il a pris.

- je ne sais pas

- comment ca?

-Il n'y a pas de menu, le gars est arrive et il m'a enonce quantite de plat, je n'ai rien compris. J'ai choisi le seul truc que j'etait capable de reprononcer...

Je me moque un peu... Le garcon revient, je lui demande ce qu'il y a, et il me sort la fameuse liste imprononcable... Je ne me moque plus, je regarde le serveur, puis Jo, puis le serveur...et je dis:

- la meme chose que lui.

Jo rigole. Moi aussi... On espere juste que c'est un truc vegetarien pour Jo... On ne sait absolument pas a quoi s'attendre...

Apres demain on est au Nepal...

Les assiettes arrivent. C'est une puree verte, probablement de l'epinard, dans laquelle flotte de petits carres blanc. Le tout baigne dans une mare d'huile a la couleur plutot douteuse...je demade si les petits carres sont de la viande, il me repond que non, tout est veg'. Au gout, on opte pour du tofu, mais rien n'est moins sur.

On avale ca en vitesse et on remonte dans le bus. A peine a t il repris la route que Shanti s'endort. Le ciel clignote, il y a de l'orage dans l'air. Jo me dit :

- Il faut esperer qu'il ne pleuve pas...

- Pourquoi? ca rafraichirait un peu ?

- Nos sacs, ils sont sur le toit.

Je n'avais pas du tout pense a ce detail...Evidemment, sous peu, des trombes d'eau s'abbatent sur nous. le bus s'arrete. J'ai un petit espoir qu'ils bachent le toit, mais non, ils redescendent juste quelques sacs qu'ils installent dans l'allee.

Demain on est au Nepal...

Le jour ne tarde pas a se lever. Nous sommes senses arrives a Delhi a 6h du matin. Comptons environ 3heures de retard, nous en avons encore pour 4 heures. On en profite pour dormir un peu, et prier pour que la temperature soit redescendue de quelques degres depuis notre depart de la capitale.

Lorsque nous arrivons, nous sommes au quartier tibetain... Ce n'etait pas le terminus prevu. On resterait bien la, c'est plus tranquille que le quartier touristique, mais j'ai un clis a envoyer et dois pour cela retourner a Pahar Ganj. On negocie un taxi a l'aveuglette car on a aucune idee des tarifs...je pense que ce n'est pas si cher puisque deux chauffeurs ont refuse de nous prendre a ce prix la. Sur la route on se rassure:

- On dirait qu'il fait moins chaud non?

- Oui mais en meme temps on est en voiture, toutes fenetres ouvertes, et il est 9heures du matin...

- C'est vrai...

On decide d'aller a l'hotel qui jouxte le resto ou on allait souvent avec Sylvaine et Ananda, et ou les gens etaient bien sympas. Le taxi nous depose. On trouve une chambre dans notre ordre de prix, il n'y a qu'une fenetre, et elle donne sur une cour interieure dont le toit est en plexiglas. Je descend donner nos passeports au gardien. Il fait un peu de zele, et m'ordonne dans son anglais pourri:

" ecris la d'ou tu viens, ecris la ou tu vas, et c'est quoi ton adresse en france, et tu connais qui en Inde et blabla..."

Je n'aime pas ce genre de bonhomme. Il veut que je paye tout de suite. Je lui donne ses billets et je monte me coucher. 

Jo et moi on est un peu deprimes d'etre de retour ici...on descend dejeuner un morceau et on fait la sieste tous les trois.

En fin d'apres midi on doit sortir pour aller acheter des timbres. La chaleur est ecrasante. On galere pour trouver, on nous indique un coup a gauche, un coup a droite...On fini quant meme par apercevoir de loin l'enseigne de la poste au lion. on monte, on atterit dans un petit bureau ou un homme nous fait signe d'entrer. Je demande mes timbres, et la il me dit:

- Ne soyons pas presses, on a le temps!! Venez avec le bebe, vous serez mieux ici.

Il nous fait entrer dans un petit bureau de deux metres sur un, dans lequel se trouve...un climatiseur... Il prend Shanti et l'installe sous l'air frais, et nous invite a nous assoir. Il nous demande ce que l'on veut, appelle une femme a l'autre bout du bureau, qui vient jusqu'a nous; il lui demande de retourner de la d'ou elle vient et de revenir avec 5 enveloppes et 5 timbres. Elle s'execute.

On reste la 15 bonnes minutes. En ressortant c'est le coup de bambou. On reste un petit moment dans les ruelles a l'ombre pour ne pas sombrer, et on rentre le plus vite possible.

Demain on est au Nepal...

On attends que le soleil se couche un peu et on sort grignote un morceau. On ne se sent pas bien. Les gens du resto sont beaucoup moins sympa que la premiere fois. On ne se sent pas bien du tout. Impression d'etre en milieu hostile.

On remonte dans la chambre, on couche Shanti sous le ventilateur. Elle ne se fait pas prier pour s'endormir. Nous aussi, on voudrait bien aller se coucher, mais il fait trop chaud. On colle, on sent mauvais, on est casses par les 15 heures de bus, et on est la, dans le couloir, a attendre que la temperature baisse un peu.

Demain on doit se lever a 7heures pour etre a l'aeroport a 10 heures. Il faut faire les sacs, trouver un taxi, il y en a pour une bonne demie heure de trajet... Je regle le reveil qu'on a achete ici apres que Shanti ai jete par terre et tue celui qu'on avait amene avec nous. J'y crois moyen. Idee recue peut etre, mais je n'ai pas confiance en ce reveil... Il ne marche que si la pile n'est pas entierement enfonce... parfois il s'arrete. Je m'endors en regardant tourner l'aiguille des secondes...

 

 

 



Publié à 01:57, le 25/06/2007
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Le jour ou j'ai interviewer Jo

Beaucoup parmis vous se demandent, mais que fait Jo? Comment va t il? Pourquoi aucun article de lui sur le blog???

Depuis Baghsu, a quelques kilometre de Mac Leod, ou nous avons elu domicile pour le week end voici en avant premiere, l'interview de Jo...Afin de conserver au mieux l'authenticite du dialogue, l'interview est retranscrite telle quelle...

 

Jez: Bonjour Jo, alors comment vas tu?

Jo: Bien, Ben...bien........ca va.....he he he...

Jez: Peux tu nous faire part de tes premieres impressions concernant ce voyage?

Jo: Ben, on est en Inde. Les Indiens riches (nouveaux riches) sont pires que les francais riches.(pour le developpement de cette reflexion, envoyer vos questions a jonathan.goiffon@9online.fr NDLR)

Deja, il a fait chaud au debut; tres tres chaud. Apres Delhi, ca m'a soule. Trop de pollution. Le bus, c'etait long. Mais arrivee a Mac Leod, c'etait la bouffee d'air. En plus y'a plein de didg de partout!!!!! Et les gens sont plus tranquilles.

-Dis on aurait du prendre de l'eau la... tiens t'a expique pour l'eau sur le blog?-

-Non vas y je t'en prie!-

Et ben on est oblige d'acheter de l'eau en bouteille!!!!! de 10 a 15 roupies le litre!!!!! Ca fait un sacre budget flotte!!!

Bref...

Et la on a bouge de Mac Leod, on est a Baghsu...J'ai trouve un pti hotel sympa, bien cale, bien au calme...........mais un peu haut quand meme...et du coup Jez fait la gueule. (c'est simple, y'avait 50 hotels, il a pris celui qui est le plus haut...ca pour etre cale il est cale...NDLR)

Mais on est bien ici quand meme???......non????

Aussi, j'ai tue une enorme araignee!! Grosse comme ma main (je confirme NDLR!!)

Je me suis mis a la flute (flute nepalaise, achete en Inde, payee une fortune!!!NDLR) (Mais euuuh je savais pas que c etait une flute nepalaise sinon j aurai attendu d'etre au Nepal! NDLI)

On se fait tout manger par les moustiques.

On a un rythme de vie tranquille, c'est les vacances...

J'ai hate d'etre dans quelques jours, d'arriver au Nepal.

Aussi, j'ai un bobo a mon pied! On a achete des tongs a Delhi, et les miennes etaient trop serrees, et ca m'a fait un petit bobo. Et ca s'est infecte.

Jez: Pourquoi donc?

Jo: Parce que je l'ai soigne comme en France

Jez: C'est a dire?

Jo: Je l'ai pas  soigne......

Et du coup voila, j'ai failli choper la gangraine!!!Ca commencait a devenir violet autour hein quand meme...Un peu d'argile, et .....des antibios, et j'ai toujours mon bobo. Mais ca va mieux.....Mais quand meme hein, ca s'est bien creuse!!!

Et puis on a eu la tourista aussi. Mais ca va nos intestins se sont habitues a la bouffe locale.

Et puis voila je fais des bisous a tout le monde, et c'est tout.

 



Publié à 12:42, le 24/06/2007
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Le jour ou on a change nos plans, ou Jo s'est fait attaquer par des indiennes, ou on est alle au Beauty Parlor.....

Finalement, on y a reflechi...ca n'a pas vraiment de sens de poursuivre sur Varanasi avec Syl et Ananda. Ca nous ferait 13h de bus pour retourner sur Delhi, puis 24heures de train jusque Varanasi, juste pour y passer une petite semaine et retourner a Delhi,  puisque dans 10 jours nous devons etre au Nepal... De plus, on a decide de faire les flemmards pour monter a Kathmandu...on va prendre l'avion (promis, on plantera un arbre pour compenser les rejets de CO2...) On ne sent pas trop les 36 heures de bus de Delhi a Kathmandu, qui parfois  prennent une semaine entiere...

Du coup on a trouve des billets d'avion Delhi-Kathmandu pas tres chers dans une agence de voyage tibetaine et on les a pris.

On prendra le bus pour Delhi le 25 et l'avion pour Kathmandu le 27. Du coup, Syl et Ananda ont aussi change leur plan: ils vont monter dans le Ladakh, avant d'aller a Varanasi. Ils prennent le bus ce soir.
C'est un peu le debut de la seconde partie du voyage qui approche...

Du coup aujourd'hui, on a decide de descendre au "Dalai Lama Temple" a quelques centaines de metres de notre hotel. Ce temple abrite la residence du Dalai Lama un monastere, des temples et des stupas. Pour les tibetains en exil, c'est l'equivalent du Jokhang a Lhassa. On a un peu de mal a y arriver, car en route, Jo est victime d'une terrible attaque d'indienne (qui en avaient plus apres Shanti mais il a quand meme eu tres peur)

 

 

 

En arrivant devant le temple, je suis un peu decue...je trouve ca un peu moche, la peinture est ecaillee, des poubelles jonchent le devant du monastere, ca ne fait pas tres tibetain tout ca...mais je me souviens que nous sommes en Inde...Parfois a Mac Leod, on pourrait oublier.On se balade un bon moment, on fait  le kora (circuit rituel des pelerins, dans le sens des aiguilles d une montre), mais pour ma part, j'ai  du mal a apprecier la beaute des lieux tant la douleur de l'exil est palpable. Pourtant l'interieur est loin de refleter la premiere impression: grande reproduction de bouddha dore, thangkas peinte, moulins a prieres etc...tout est si  precis et si fin...

On mange un morceau et on se decide a remonter dans le centre. Avec Sylvaine on s'etait dit qu'avant de partir chacune de notre cote, on irait se faire un moment "meuf" au Beauty Parlour (institut de beaute). Ananda n'a rien dit, meme pas un truc du genre "mais on est pas en Inde pour aller au Beauty Parlour!!"

Au programme, massage et epilation...mes poils et moi qui n'avons  jamais mis les pieds dans ce genre d'endroit en France, on est tout excites!! Le probleme avec les Beauty Parlour c'est qu'il y en a des dizaines, et on est jamais sur de tomber sur quelqu'un de serieux...On en degotte un au feeling en bas d'un escalier. Trois jeunes tibetaines  nous accueillent en souriant, on discute un moment, le prix nous convient, le marche est conclu. On entre dans une petite chambre, a la deco ultra kitch (je suis tres tres fan) Des produits cosmetiques et autres appareils de torture (fer a friser, a defriser, a refriser etc...) remplissent les etageres. J'ai une grosse pensee pour Aurore. Il y a plein de trucs roses, ou a poil, ou a moumoutte...

Pendant que Sylvaine se fait nettoyer-masser-desincruster-peeler-gommer  le visage par une des trois minettes, une autre me tartine les jambes de cire chaude(un poil trop chaude), slatch  slatch slatch, scriiiiiiiiiiiiitch, aieeeeuuuuu!!!! arfff qui a invente l'epilation? Un homme non?

Mais le meilleur pour la fin...un truc de tare.....du jamais vu....enfin j en avais meme jamais entendu parler. L'epilation de sourcil..........au fil a coudre!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bon c'est pas facile de raconter, mail elle met un bout de fil dans sa bouche, elle fait un noeud et tient dans sa main l'autre extremite, elle passe dans le sourcil, elle tire et y'a plus rien... Si vous allez en Inde, n'hesitez pas a y emmener une copine (si c'est juste pour voir, mieux vaut que ce ne soit pas sur vous, ca fait un peu mal quand meme)

   

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 12:27, le 20/06/2007
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Le jour ou Shanti a feter son "an"...

Oh ben dis...ca y est, c'est deja aujourd'hui...

Un an...jo et moi avons l'impression que les douze derniers mois sont ceux qui sont passes le plus vite de toute notre vie. C'est surement parce que c'est la premiere annee...apres ca doit se calmer...revenir a la normale...non...?

Un an ma poulette! A Mac Leod...allez, on commence la journee par un pti dej au "Pasataga, Zone 51", le french cafe ou nous avons un peu pris nos habitudes. Dokkha nous accueille avec un "Joyeux Anniversaire" aux accents tibetains tres charmants, Shanti est toute sourire. On pense qu'elle a compris qu'aujourd'hui, elle etait au centre de pas mal d'attentions... Elle deambule dans le cafe entre les tables et les pieds des gens. C'est tout petit chez Raph et Dokkha... Elle passe de bras en bras et a droit a chaque fois a la formule d'usage en ce jour special , dans toutes les langue... On est content que son premier anniversaire se passe ici, c'est assez symbolique pour nous.

Apres une enorme sieste bien meritee, parce que mine de rien, ca fatigue de feter son anniversaire, surtout quand on a pas d'entrainement, on passe un moment a se faire plein de bisous sur le balcon de l'hotel en regadant tournoyer les aigles au dessus de la vallee...

Le soir venu, on va chercher des chapati a emporter pour que Shanti ai une sorte de "gateau" d'anniversaire. Apres une bonne puree de legume du marche, et un curd (une sorte de...... yaourth...?) Elle ouvre son papier journal cadeau pour en sortir son chapat'. Papa arrive avec une bougie (enorme mais on a pas trouve mieux...) que Shanti souffle toute seule! Eh ui peuchere! Bref, elle se regale, et nous laisse meme manger un bout de chapat...rien de bien exceptionnel...ah si...aujourd'hui, pour la premiere fois depuis notre arrivee, il n'est pas tombe une seule goutte d'eau, meme en soiree...on a eu un soleil magnifique.

 

                                             

 

 

                                 

 

 

 

 



Publié à 12:52, le 18/06/2007
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Le jour ou Sylvaine et moi on est allees au "cinema"

"Oh Jez, ca te dis SHREK 3?"

"Quoi? Comment ca Shrek 3??"

"Y a un pti cinema sur la route du chez Raph et Dokkha, ils passent Shrek 3 ce soir a 20h30, ca te dis, on y va?"

 

Tiens pourquoi pas... Ananda dirait surement qu"on est pas en Inde pour aller au cinema (hi hi) mais apres tout, ca doit etre marrant...Puis tant qu'a tester le cinema indien, je ne me sens pas la motivation du film Hindi qui dure 3h30..

20h30, on se pointe devant le cine... Alors en fait le cine, c'est un marchand de legumes qui a une petite cave sous son shop. Le film precedent n'est pas termine, entre trois patates et un concombre, le marchand-ouvreur nous informe qu'on a une bonne demie heure devant nous. On s'assoit dans le rue, on regarde les gens passer, on papote, ...On decide de jouer le jeu a fond. A defaut de pop corn, on trouve du Kiri (oui oui du Kiri!!!) et des chips dans un shop du coin.

Les gens remontent de la salle de projection et arrivent dans le shop de legumes par un petit escalier en colimaco. A nous de descendre. On manque de se casser la figure tant les marches sont etroites. Le temps que mes yeux s'habituent a la penombre...qui a t il autour de moi? Le sol est incline, ca descend, comme dans un cine normal... sur ma gauche, plusieurs rangees de trois chaises, sur ma droite, plusieurs rangees de trois chaises egalement. En face contre le mur, un drap blanc de 2.50 metres sur 1metre , et devant un petit retroprojecteur. Sur une etagere a droite, un lecteur DVD... Sylvaine et moi on prend place, et on attend. Plusieurs personnes nous rejoignent bientot, des touristes uniquement. Le marchand arrive, charge un DVD dans le lecteur et eteint la lumiere...Ca commence...

C est parti pour 1h30 de film, evidemment c'est un screener (copie pirate filmee dans une salle de cine), mais au moins il est en anglais. Je m'attendais a une version en russe sous titree en tibetain... On ne comprend pas tout, parfois c'est un peu dur de suivre, mais on se marre bien quand meme.

A la sortie on reste un moment pour discuter avec le gerant. Il nous demande si on a aime, si c'est un bon film etc... Puis il nous annonce tout fiere que ca fait 23 jours qu'il diffuse Shrek 3 non stop, qu'il l'a telecharge sur internet que c'est une bonne version!!! Il est d'autant plus fiere quand je lui apprend qu'il est sorti en France il y a 3 jours a peine...

Bref, si vous passer par MacLeod Ganj, il y a un petit marchand de legumes qui a une cave surprenante, ou vous pourrez mater des films que vos amis en France n'ont meme pas eu le temps de voir....



Publié à 10:53, le 16/06/2007
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Le jour ou j'ai mis Sylvaine "mat" aux echecs

 

 Oui je sais, ce n'est pas bien de se vanter, mais la quand meme, c'est la premiere fois que je met quelqu'un mat aux echecs (Boris, tu peux etre fier de moi). Bon d'accord, c'est Sylvaine, pas Kaspasrov, mais elle est quand meme un peu moins nulle que moi (qui suis vraiment tres mauvaise).

Je ne vais pas m'etendre sur le sujet, car comme le dit tres bien Ananda, " on est pas en Inde pour jouer aux echecs!!!!!!!"

Bref, il devrait pleuvoir, puisque c'est un evenement exceptionnel. Sauf qu'ici, depuis notre arrivee, il pleut tous les jours. Du coup,  il fait SUPER BEAU!!!!

Comme on est en altitude, on est tres tres vite dans les nuages. Jusqu'a aujourd'hui, on ne voyait pas du tout ce qu'il y avait autour de nous.  Le contraste entre hier est aujourd'hui est saisissant... Voici la vue de la terrasse a deux jours d'intervalle. Il ne faut cependant  pas se fier aux apparences, meme  la tete dans les nuages, il fait toujours tres tres doux. Il parait qu'a Delhi, il fait toujours 48 degres...

                     

 

Avec l'apparition du soleil on decouvre une magnifique vallee juste sous nos yeux... Avec les nuages, on ne voyait pas a 10 metres. Magnifique surprise...

 

Le soleil a rendu un peu fous les singes qui viennent squatter la terrasse, ils ont passer une bonne partie de la matinee a se courir apres et a se sauter dessus.

 

     

On en profite pour sortir avec les appareils photos Ananda et moi. D'habitude on est un peu prudent, car l'orage eclate vite et il tombe des trombes d'eau. On a bu un coup sur le toit du JJI, petit cafe familial tibetain, et on est parti se balader.

 

 

                                         



Publié à 08:52, le 15/06/2007
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Le jour ou j'ai mis le pied dans une fosse septique et failli me faire manger par des rats en seulement 3 minutes

Lors de notre "escale" sur l'aire d'autoroute, avant de remonter dans le bus , je dois absolument soulager ma vessie en vue des 8 prochaines heures de route. La file d'attente devant les toilettes est assez importante et le chauffeur est presse de repartir; j'en ai eu la preuve lors d'un petit arret precedent, ou il m'a laisse sortir, mais est reparti avant que je ne remonte dans le bus. J'ai du lui courir apres pour qu'il me laisse remonter... je decide donc de trouver un coin tranquille a l'abri des regards.


J'ai l'idee lumineuse de contourner le batiment des toilettes. Sauf qu'a un moment, alors que j'avance dans le noir,  tres, tres sure de moi, le sol  disparait  et je plonge le pied dans une substance...bizarre. Je ne  regarde meme pas, je vais vite le mettre sous l'eau en me disant que dans mon malheur j'ai de la chance, ca aurait pu etre un precipice ou un truc bien plus grave. Lecon : regarde devant toi quand tu marches.

Je decide de trouver un nouvel endroit, car l'adrenaline n'a en rien couper mon envie. Avec Syl, on va donc derriere un petit mur de tole; la aussi il fait tout noir, et nous marchons sur des detrituts, je ne m'aventure donc pas bien loin. Pendant que je satisfais mon petit besoin, il me semble voir le sol remuer en plusieurs endroits. Au fur et a mesure, mes yeux s'accoutument, j'en ai la certitude, il y a comme...quelque chose qui grouille tout autour de moi...Une fois termine, je retourne sur la terre ferme en attendant Sylvaine,  tout est bien eclaire, la chose qui grouille en question, c'est une multitude de petits rats... C'est mecanique, j'ai un frisson, ma bouche se tord et je sautille jusau'au bus en faisant "Heeeeeeeeeeeeeeeeee"... La encore ca aurait pu etre pire, on aurait pu se faire mordre. 

Lecon: regarde devant toi on t'a dit!

 



Publié à 12:47, le 11/06/2007
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Le jour ou on a fait 13 heures de bus pour aller dans l'Himachal Pradesh!


On a attendu que le soleil se couche pour aller voir les billets de bus, mais du coup, celui du lendemain etqit complet...on a du passer deux nuits a Delhi, et c'etait pas terrible. Shanti a dormi avec nous car il fait trop chaud pour la mettre sous sa tente. Elle est decalee et a un trou de sommeil entre 1h et 4h du matin...nous, on passe la nuit a aller se mettre sous le robinet, car heureusement, la nuit on a un peu d'eau froide. Je peux vous dire que notre "canicule exceptionnelle de  2003" je la relativise bien la...Il fait 47degres, mais avec la pollution et la poussiere c'est assez irrespirable...
Nous nous sommes decides pour Mac Leod Ganj, a quelques kilometres de Dharamsala, ou le gouvernement tibetain en exil est refugie. Ca se trouve au nord de Delhi, dans l'Himachal Pradesh, plus en altitude et il est donc sense y faire plus frais...
Depart dimanche a 16h, arrivee lundi a 9h du matin... oui oui ca fait bien 17heures de bus. On devait arrive a 7h, mais entre les pauses, les accidents et es vaches, on a un peu pris du retard...
On avait pris une couchette pour deux  et deux sieges pensant alterner avec Syl et Ananda, mais comme Shanti a dormi tout le trajet sur la couchette, nous sommes les seuls a en avoir profiter. Des le depart, Sylvaine et Ananda se sont fait jeter de leurs sieges, sous pretexte qu'une famille de brahmane avait reserve  CES places  la. En fait ils ont juste lacher un backchish au chaufeur pour ne pas se retrouver a cote de la couchette de leurs gamins; les petits monstres ont hurle toute la nuit, mais les papas etaient loin et tranquilles. Par contre Syl et Ananda en ont pris plein les oreilles....
Meme avec toutes les fenetres ouvertes on a eu bien chaud dans ce bus. Des qu'il ralentissait ou s'arretait, nous suffoquions...




Sylvaine nous avait dit "c'est presque que de l'autoroute"...oui, oui, mais rien a voir avec nos autoroutes... c'est l'equivalent d'une departementale ardechoise sauf qu'il y  deux voies...a la moindre bosse, on manque de se casser la figure de la couchette. Et puis normalement sur l'autoroute, il n'y a pas de vache qui traversent comme ca en plein milieu de la nuit...
A la limite, le seul point commun, avec les autoroutes francaises, ce sont les sois disant "aires". Vers 22heures le bus a stoppe pour que le chauffeur (et accessoirement les passagers) puissent se restaurer. Par rapport a Delhi, on a paye 2 fois plus cher, les portions etaient deux fois plus petites, ca nous a un peu rappelle les sandwichs a 6 euros dans les stations Total...On a ete servi en 2 minutes, ce qui veut dire qu'on n'a aucune idee du temps depuis lequel les plats sont prepares...




Sur la route de Mac Leod...

 






Bref, on est quand meme arrive a Mac Leod. Et la rien a voir avec Delhi, c'est limite un autre pays. La population est en partie tibetaine et on sent tout de suite la difference. Les gens sont plus tranquilles, plus souriants, moins speed...Meme sur les coups de klaxons, ils sont moins enerves (parce que les indiens klaxonnent en permanence, pour dire "attention je vais te doubler", "attention je te double", "attention je t'ai double"...) C'est drole, les coups de klaxons en Inde suivent selon les regions, c'est comme un accent local....
La temperature est super douce, il doit faire 20 degres de moins. Des notre descente du bus, Sylvaie croise une de ses amies, Dokkha, une tibetaine, mariee avec un francais, Raph. Elle les a rencontre lors d'un precedent voyage et qui ont ouvert un resto francais. Nous decidons donc d'allez y manger un morceau apres avoir trouver un hotel. Sylvaine nous emmene dans un petit lodge tenu par ue famille tibetaine. C'est sympa, bien plus propre que le precedent hotel...Les chambres donnent sur une terrasse, avec vue sur la vallee, c'est super! En plus juste en bas, il y a un gars qui vend des didgeridoo. Jo est tout content, on prend ca pour un signe et on s'installe.



Le patron nous met en garde contre les singes; il y en a beaucoup, et si on laisse trainer de la nourriture ils peuvent attaquer...en effet, on en voit bientot de partout...





On part dons se restaurer chez Raph et Dokkha "La zone 51" le seul endroit en Inde peut etre ou on peut boire un pastis... (grosse pensee pour les nenesses!) On se regale et on rentre se reposer...Dansd l'apres midi, il me prend l'idee d'aller faire quelques courses. Il commence a pleuvoir, je decide de me depecher. Mais c'etait sous estimer les orages indiens... J'ai a peine mis un pied dehors que des trombes d'eau s'abbatent sur moi, je me met a l'abri dans une petite echoppe et commande un tchai en attendant que ca se calme, mais bientot, il grele!! Meme le patron du cafe est hallucinne. C'est une toute petite echoppe, avec un toit en tole, et tres vite, il grele a l'interieur. Nous sommes 4 avec le patron a jeter les grelons dehors au fur et a mesure...Il y a un petit indien d'une dizaine d'annees qui saute et hurle de rire en regardant le patron se prendre des  grelons, et essayer de refermer sa devanture. C'est enorme, et ca ne s'arrete pas!! Je suis rentree trempee jusqu'aux os... Mais c'etait drole... Il parait que c'est le premier orage de la mousson. Elle est en avance cette annee.






Publié à 12:42, le 11/06/2007
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Le jour ou le soleil se leve sur Delhi...et heureusement il se couche aussi...


8 juin, 6h30, notre avion vient de se poser sur le tarmac du Indira Gandhi International Airport. Le vol s'est plus que bien passe! Les hotesses etaient aux petits soins. On a eu les places de devant, avec couffin a disposition pour coucher Shanti, qui en a d'ailleurs bien profite puisqu'elle a dormi les trois quart du vol, ce qui n'est pas notre cas a Jo et moi...





Comme l'avion n'etait pas rempli, Ananda et Sylvaine ont meme pu s'assoir juste derriere nous... Donc mis a part que la nourriture a bord des avions ne s'est pas amelioree (surtout avec British Airways il ne fallait pas compter sur un festin...ils ont un chutney de citron en boite tres special...) on a fait un tres tres bon vol.
On prend notre temps pour sortir de l'avion. A peine penetre dans le couloir qu'une vague de chaleur nous prend a la gorge. On se croirait vraiment dans un four... On arrive a l'immigration, et la on regrette d'avior pris notre temps pour sortir...Tout l'avion est devant nous, entasse entre les rembardes, passeport a la main en attendant son tour... On realise vite qu on est en Inde. Deja, il doit faire plus de 25 degres et il est 7h du matin, et puis les types du guichet sont tres "2 de tension"... Ok, Indian Time of course, on va prendre le temps. Apres tout on est peut etre sales et epuises, mais on est en Inde, on va pas se plaindre...
On recupere nos bagages, ils sont tous la et entier. On decide d'aller changer un peu d'argent.
Sylvaine passe devant moi, et change ses travellers cheques. Elle m'explique que le gars va lui remettre un recu, et qu' il faut bien le garder car on peut le reclamer, par exemple pour l'achat d'un billet de train ou de bus.
A mon tour! Je veux changer des euros, pas de probleme. Le bonhomme me fait le calcul, me donne mes roupies, et... pis c'est tout.
Ben zut! Et mon recu... "Please Monsieur, et mon recu???" Et la, le bonhomme me repond que oui, mais non la c'est sa pause donc il faut que je revienne dans une demie heure...Ok c'est bon, j'ai copris. Je n'ai pas envie de me battre avec le systeme indien ni de lacher un backchish pour un bout de papier. Tant pis on se debrouillera avec celui de sylvaine..

On sort et c'est comme debarquer sur une autre planette. Rien n'est semblabler a ce que l'on voit en France. Les odeurs,les couleurs, les tenues des gens, leur facon de bouger, les klaxonx...Ca ressemble vaguement au Nepal, mais il y a un truc dans l'air qui marque la difference. On prend un taxi pour Pahar Ganj, plus par flemme et par facilite que par envie. Pahar Ganj est a Delhi ce que Thamel est a Kathmandu: LE point de chute de 98% des touristes. C'est pas terrible, mais pour une ou deux nuits ca ira...




PAHAR GANJ
 
 




Les installations electriques de Pahar Ganj...et pourtant ca fonctionne...





C'est fou cette chaleur alors qu'il est encore tres tot! On decide de vite trouver un hotel et de se rafraichir sous une douche. On colle on put, il est temps! Je trouve ca cher par rapport au Nepal, mais Sylvaine me dit que c'est correct.
Les chambres sont sommaires, notre fenetre donne sur un mur de briques, mais surtout, il n'y a pas une goutte d'eau froide au robinet...les tuyaux qui acheminent l'eau sont en acier et forcement l'eau qui en sort est brulante. On decide de passer la journee en culotte sous le ventilateur en faisant le moins de mouvement possible...




J'ai deja hate de quitter Delhi. On a decide que le mieux etait d'aller se refugier dans l'Himachal Pradesh, pres de Dharamsala, en altitude. On ira a Varanasi pus tard. Des qu'il fera un peu moins chaud on ira acheter des tickets de bus...En attendant on va casser une petite croute. Shanti retrouve les chapati qu'elle a deja goute en France et qu'elle adore...

 
 
 


Publié à 10:59, le 8/06/2007
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Jour J



7 juin 8h35, nous voici enfin dans l'avion pour Londres.
Ananda et Sylvaine avec qui nous faisons un bout de voyage nous y rejoindrons en debut d'apres midi. Shanti a la super peche. Elle est levee depuis 3h du matin, et a eu l'air de trouver ca amusant de voir papy et mamie debarquer a Lyon en plein nuit pour nous emmener a l'aeroport. Mais la, bien calee sur les genoux de papa, bercee par le bruit des reacteurs, elle n'a plus trop envie de rire, et sombre rapidement dans un profond sommeil.
Arrives a Londre, nous avons presque 8heures d'attente, on espere pourvoir sortir a l'exterieur...
On se perd un peu dans les couloirs du terminal, c'est tres gris, tres vieux,...tres moche. On arrive au service de l'immigration, ou on apprend qu'on peut effectivement aller en dehors de l'aeroport. Il nous prend l'idee d'aller tuer le temps en se baladant dans Londres, mais nous sommes loin du centre. On peut y aller en train ou en metro, mais a 47 euros par personne l'aller retour, on decide finalement de prendre notre mal en patience... Nous restons donc dans le hall du terminal 4 de l'aeroport... Shanti s'endort dans l'echarpe.
On dirait que le temps passe encore plus lentement en escale; on est un peu plus pres du but, mais encore trop loin...
On decide de retourner au duty free pour se rapprocher de la prte d'embarquement, et la c'est l'hallu totale... je veux bien qu'un attentat dans le metro soit traumatisant, mais de la a nous faire passer les portiques de securite pieds nus, ca fait un peu psychose. Et puis faut pas laisser son sac tout seul deux secondes, ou ils te le font exploser. Ne compte pas non plus embarquer avec ta bouteille d'eau (que tu as achete 5 euros dans l'aeroport)...Par contre, on avait deux briauets et des ciseaux a ongles, ils ne les ont meme pas vu...Surement parce qu'on a eu la bonne idee de ne pas les cacher dans nos chaussures.
Nous retrouvons enfin Ananda et Sylvaine qui viennent d'atterrir a Londres. On papote, on echange sur le depart de France, le vol. Ananda n'est pas tres content, l'avion etait trop petit. Ananda aime bien les gros avions.
On prevoit un peu notre arrivee a Delhi...On compte bien sur Sylvaine, c'est son 4eme sejour en Inde, elle va nous gerer ca comme une reine!
On prevoit de ne pas rester de trop a Delhi, et de partir soit dans les montagnmes, soit sur Varanasi.
Il nous reste 8h30 de vol. Nous esperons que Shanti dormira un peu...

Aeroport de Londres, 10 euros la biere.
 Bon d'accord, ce sont des pintes, mais ca fait mal quand meme...

 




Publié à 02:33, le 7/06/2007
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